Revitalisée depuis cinq ans, l’ancienne usine Bostic abrite désormais le tiers lieu du Lien, un nouveau poumon économique et social, pragmatique et désormais financièrement assis. Instigatrice de ce renouveau, Camille Rigaud passe la main à la coordination à Marguerite Bech.
Ce mercredi, au pied de la côte de Ger, l’eau qui ourle jusqu’au parking, rappelle les racines du Lien : une ancienne friche industrielle, bordée de champs et de forêts. Un écosystème propre qui a désormais un nouveau destin. Depuis cinq ans, l’ancienne usine de colle Bostic a vu pousser ce tiers-lieu écoresponable et pragmatique. Sur ces 10 ha dont 4 de friches et 6 de prairies, à l’abandon encore au début des années 2020, 60 % des 8 000 m2 de bâtiment sont aujourd’hui occupés. “Et l’objectif est d’atteindre les 100 % d’ici 2030, en ne s’appuyant que sur l’existant” précise Camille Rigaud, instigatrice du renouveau de ce site.

Des premiers résidents, Chez Aurore, Envie, Bigoride ou Legend Padel, de l’espace de coworking où se croisent nombre de travailleurs indépendants, à l’école Hêtre en 2023, le Lien compte 22 résidents, soit une quarantaine d’emplois, ainsi que des bénévoles dont l’énergie est essentielle à l’association qui pilote le site. De nombreuses étapes franchies déjà mais encore du potentiel sur ce site. “Dès qu’un nouveau projet candidate, ça passe par le conseil d’administration. C’est la philosophie du Lien, que les gens discutent, s’entendent et puissent travailler ensemble, précise Camille Rigaud. Des locaux, ce n’est pas ce qui manque à Tarbes. Ceux qui viennent ici, doivent faire sens. On favorise des projets qui amènent de la vie, de l’échange. On est dans un lieu engagé autour de la transition écologique et sociale mais pas forcément militant, un lieu professionnel, pragmatique, avec une activité économique pour ne pas être dépendant des subventions, même si nous sommes reconnaissants pour ces soutiens.” Et Camille d’avouer : “Ce n’est pas vraiment ce que j’avais imaginé au départ, mais c’est mieux. Ça prouve que le projet collectif a pris et a fait évoluer le lieu.”
Une nouvelle tête et des projets
Une évolution qui va se poursuivre avec une nouvelle coordinatrice, Camille Rigaud souhaitant prendre un peu de retrait tout en restant au conseil d’administration, avant de se consacrer ensuite aux nouveaux projets du Lien. C’est Marguerite Bech, 33 ans, qui a fait ses classes à Tarbes avant de partir à l’étranger pour s’investir dans l’entrepreneuriat, l’économie sociale et solidaire et l’humanitaire, qui lui a succédé depuis le 19 janvier. “Je suis rentrée dans les Hautes-Pyrénées il y a cinq ans et j’ai travaillé dans l’accompagnement d’entrepreneurs. Je connaissais bien le Lien. Comme je n’ai pas un parcours linéaire et que j’aime faire plein de choses différentes, ce côté adaptable, couteau suisse, du poste m’a plu. Ça fait sens en moi de coordonner un tel site.”
Une nouvelle dynamique pour le Lien sans se dénaturer et avec le souhait de voir émerger de nouveaux projets. Une halle couverte pourrait être réaménagée pour accueillir des événements, une autre reconvertie pour déployer une offre de restauration adaptée à l’esprit et aux valeurs du Lien. Un atelier partagé destiné à l’artisanat d’art est aussi en réflexion pour mettre en commun matériel et expériences. “Nos finances saines nous permettent d’envisager la suite plus sereinement. C’était un véritable enjeu au départ, surtout avec les importants travaux initiaux. On a un petit budget, mais l’énergie bénévole nous porte.” Comme un Lien fort, vital…
Le Printemps du Lien
Prochain grand rendez-vous, le Printemps du Lien se tiendra le dimanche 22 mars. Autour d’un grand vide-grenier, plusieurs animations comme des invitations sur le skatepark, des stands streetwear, des ateliers autour du jardinage, un mur d’escalade, mais aussi restauration, buvette et crêpes… “L’idée c’est de planter des graines auprès d’un public différent” anticipent Camille et Marguerite.

