Une élue municipale de Saint-Georges-de-Didonne, en Charente-Maritime, a perçu plus de 20 000 € d’indemnités malgré une présence quasi inexistante, puisqu’elle vit en réalité à 500 kilomètres de la commune. L’opposition dénonce un “abus de bien public”.
Depuis 2021, Brigitte Siegel, conseillère municipale déléguée à la santé de Saint-Georges-de-Didonne, n’a siégé qu’à cinq conseils sur plus de cinquante. Installée en région parisienne, l’infirmière enseignante de 66 ans n’a “au mieux qu’une apparition par an”, relève Sud Ouest. Une situation qui exaspère l’opposition municipale, laquelle accuse l’élue de n’avoir exercé “aucune action relevant de sa délégation”, ni commissions, ni réunions, ni même présence au CCAS, dont elle a été “démissionnée d’office pour non-présence”.
Malgré ces absences répétées, Brigitte Siegel a perçu environ 21 000 € d’indemnités depuis le début du mandat. Pour l’opposition, il s’agit d’une “utilisation des fonds publics anormale”. “On estime que c’est vraiment un abus de bien public”, insiste l’élue Chantal Raclet.
“Elle a produit des travaux”
Le maire Divers centre François Richaud, lui, assume pleinement. Selon lui, sa conseillère a rempli sa mission en rédigeant des textes pour le magazine municipal. “Elle a produit des travaux pour la commune, au minimum quatre dont je me souviens”, affirme-t-il, estimant que la valeur “intellectuelle” des contributions prime sur leur volume.
L’intéressée, dont la vie personnelle a été “bouleversée” par un divorce et la maladie d’un proche, se défend de toute mauvaise volonté. “La vie a fait que je n’ai pas pu, c’est tout. Tout ça sans malice”, confie-t-elle.
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À quatre mois du scrutin municipal, la pression politique et médiatique s’est accrue. Après avoir plusieurs fois souhaité partir, Brigitte Siegel a finalement démissionné, dénonçant un acharnement : “Ils sont vraiment déchaînés contre moi”, souffle-t-elle à France 3. Pas certaine néanmoins que cette sortie suffise à clore le débat au niveau local.

