La dernière victoire du TFC à l’OM remonte au 3 mars 2012. Les hommes d’Alain Casanova s’étaient imposés 1 à 0 : tête d’Aymen Abdennour sur corner d’Étienne Didot. On a retrouvé le central tunisien, désormais retraité des terrains ; il raconte. Séquence nostalgie, mais pas que, alors que samedi 29 novembre les Violets de Carles Martinez Novell se déplacent sur la Canebière. Coup d’envoi de cette 14e journée : 21h05. Verbatim.
Aymen, le Tef n’a plus gagné au Vélodrome depuis 13 ans, vous en étiez ; vous vous rappelez…
Oui, bien sûr (sourire). C’est moi qui avait marqué l’unique but du match ! Le succès n’était pas immérité, nous avions été très soudés durant toute la rencontre. L’équipe présentait un bon mix de joueurs expérimentés et de jeunes en devenir. En plus, l’ambiance était vraiment famille. Cette époque est un doux souvenir.

Revenons à votre coup de tête jackpot ?
On devait jouer l’heure de jeu (66e exactement, ndlr). Il y a corner, Étienne (Didot) le tire comme je m’y attends puisque c’est une combi travaillée à l’entraînement : Étienne vise le premier poteau où j’ai l’habitude de couper. Mandanda glisse et, là, je “monte” sur Diawara. Sous la barre, but !
Votre détente est impressionnante…
(rires) C’est vrai.
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Silence de cathédrale dans le stade.
Clair. À Marseille, le public est exigeant, c’est connu. Nous y avions cru quoi qu’il en soit. Et je pense qu’on avait fait ce qu’il fallait techniquement, tactiquement, physiquement.
Vous enchaînez sur une longue glissade sur les genoux : y’avait de la joie !
Naturellement. Beaucoup d’effusion dans le vestiaire. Puis, vous savez, je n’ai pas beaucoup marqué dans ma carrière. Avec le Téfécé, j’ai mis 3 buts. Celui-là est mon seul de la tête, le plus beau. C’est marrant, la loi des séries : j’avais scoré la semaine d’avant face à Sochaux (26/02/2012 ; victoire 2-0, J25), du pied gauche ; et je remarquerai la saison suivante à l’automne devant l’AC Ajaccio (10/11 ; défaite 4-2, J12), toujours avec mon pied fort.
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Alors, c’est quoi la recette pour signer un exploit à l’OM ?
Rien d’extraordinaire, enfin il s’agit de défendre très bien et d’attaquer dès que tu peux. Il faut être en place, manœuvrer intelligemment, jouer de manière simple et rapide. Se montrer patients, compter sur la chance également et/ou les coups de pied arrêtés. Ce fut notre cas. Sans oublier le maître-mot : au Vél’, pour évacuer la pression, tu dois avoir la grinta.
Vous pouvez citer le XI toulousain ?
Je crois. Je me lance : Ahamada, Aurier, Congré, moi, M’Bengue – Capoue – Regattin, Didot, Sissoko, Tabanou – Rivière. Plutôt sympa, non ?
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Vous continuez d’entretenir le contact avec certains ?
Cheikh (M’Bengue), on s’appelle de temps en temps. Pantxi (Sirieix), il m’arrive de le croiser car je vis une partie de l’année chez vous. À 36 ans, je partage aujourd’hui ma vie entre l’appart à Toulouse et mes occupations à Sousse, au pays.
Qui sont…
J’ai plusieurs casquettes. Je vous avais dit, lors de mon passage à Rodez (2022-2023, dernière saison avant de stopper sa carrière), que je voulais devenir businessman. Je suis promoteur immobilier en Tunisie : j’achète des terrains et je construis. Après, j’ai un grand restaurant – bon je ne suis pas derrière les fourneaux, je suis le patron. Et, la semaine dernière, on faisait les fondations de ma future académie, que j’appellerai Mestalla (nom du stade de Valence) by Aymen Abdennour, réservée aux enfants dès 5 ans et jusqu’aux 14 ans. L’idée est de nouer un partenariat avec le TFC.
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Retour en arrière, l’Olympique de Marseille n’est pas rancunier puisque, 5 ans et demi plus tard, vous y débarquerez en prêt de Valence…
Tout à fait. Blessé à répétition, je ne jouerai que très peu (NDLR : seulement 14 matchs en 2 ans). Pour autant, je me suis fait des relations et j’y ai vécu de belles choses quand même.
Le Toulouse FC reste votre club préféré ?
Pas de doute. J’en conserve beaucoup d’amour, c’est lui qui m’a donné le coup de pouce pour lancer ma carrière sur de bons rails. Et, vous le voyez, je ne suis jamais trop éloigné de la Ville rose…

