Des membres des forces de l’ordre sécurisent les lieux après une fusillade près de la Maison Blanche, à Washington aux Etats-Unis, le 26 novembre 2025. MEHMET ESER/ZUMA/SIPA
Deux militaires américains de la garde nationale, âgés de 20 et 24 ans, se trouvaient ce jeudi 27 novembre dans un état critique après avoir été blessés par balles par un ressortissant afghan, arrivé sur le sol américain en 2021.
Les tirs ont eu lieu mercredi après-midi en plein centre de la capitale américaine, investie depuis août par des centaines de ces militaires de réserve pour y mener des patrouilles à pied, à la demande du président américain et contre l’avis des autorités locales démocrates.
• Un ressortissant afghan de 29 ans suspecté
Le suspect est un ressortissant afghan ayant travaillé pendant 10 ans avec les forces armées américaines en Afghanistan avant d’être exfiltré vers les Etats-Unis en septembre 2021 dans le cadre de l’opération « Allies Welcome » mise en place par l’administration de Joe Biden pour aider les Afghans ayant collaboré avec les Américains.
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Selon un de ses proches, cité par NBC, il est originaire de la province de Khost (sud-est de l’Afghanistan) et a passé une partie de son service militaire sur une base de la province de Kandahar, berceau historique des talibans.
La ministre à la Sécurité intérieure, Kristi Noem a confirmé sur X que cet « individu dépravé » avait été admis aux Etats-Unis en septembre 2021, un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan. Les médias américains ont identifié le suspect comme étant Rahmanullah Lakanwal, 29 ans.
• Le FBI enquête pour terrorisme
Le patron du FBI a annoncé ce jeudi que la police fédérale américaine menait une enquête pour terrorisme après une attaque qualifiée d’« embuscade » par les autorités. « Il s’agit d’une enquête en cours pour acte de terrorisme », a déclaré Kash Patel lors d’une conférence de presse.
Lors de cette attaque « ciblée », « un tireur isolé a ouvert le feu sans provocation, comme dans une embuscade », a détaillé la procureure de Washington, précisant que l’assaillant était armé d’un revolver Smith & Wesson. Il a tiré sur les deux militaires avant d’être « maîtrisé » et « neutralisé » par d’autres gardes nationaux. Elle a précisé qu’il ferait face à trois chefs d’agression armée avec intention de tuer.
Vers 14h15 (20h15 en France), « un suspect est arrivé à l’angle de la rue, a soulevé son arme à feu et tiré vers des gardes nationaux » en patrouille, a déclaré lors d’une conférence de presse Jeffery Carroll, un responsable de la police de Washington, parlant d’un « tireur solitaire. » D’autres gardes nationaux « sont parvenus » à le « maîtriser pour l’arrêter », a-t-il ajouté. « Les tirs étaient ciblés », a déclaré Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, lors de la même conférence de presse.
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• Trump dénonce un « acte de terrorisme »…
Les deux militaires touchés, originaires de Virginie-Occidentale, sont « grièvement blessés » et le tireur présumé est lui aussi « sévèrement blessé », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, qualifiant l’auteur d’« animal » qui « paiera très cher » son acte. « Cette agression odieuse était un acte infâme, un acte de haine et un acte de terrorisme », a affirmé le président Trump peu après l’attaque dans une adresse télévisée. « Nous traduirons l’auteur de cette attaque barbare en justice rapidement et sûrement », a-t-il dit.
Trump a promis de « réexaminer » le cas de « chaque étranger entré dans notre pays en provenance d’Afghanistan sous Biden ». « Nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’expulsion de tout étranger de quel que pays que ce soit qui n’a pas sa place ici ou qui n’apporte aucun avantage à notre pays », a insisté Donald Trump.
« Je me souviens qu’en 2021, j’avais critiqué la politique de Biden qui consistait à accueillir massivement et sans contrôle des réfugiés afghans. Des amis m’ont alors traité de raciste. Ce fut une véritable prise de conscience. Ils n’auraient pas dû se trouver dans notre pays », a écrit sur X le vice-président J.D. Vance.
•… et se livre à une véhémente diatribe contre l’immigration
Depuis la Floride où il passe la fête de Thanksgiving, Donald Trump s’est livré à une véhémente diatribe contre l’immigration, qualifiée de « plus grande menace pour la sécurité nationale », en reprochant à son prédécesseur démocrate Joe Biden (2021-2025) d’avoir laissé entrer des « millions » d’étrangers aux Etats-Unis.
Peu après l’allocution du président, le USCIS, une agence fédérale chargée de l’immigration, a annoncé la suspension immédiate et à durée indéfinie du « traitement de toutes les demandes d’immigration concernant des ressortissants afghans », « dans l’attente d’un nouvel examen des protocoles de sécurité et de vérification ».
AfghanEvac, une organisation chargée d’aider des Afghans à s’établir aux Etats-Unis après le retrait américain d’Afghanistan de 2021, s’est défendue, affirmant procéder à « des vérifications de sécurité (…) parmi les plus approfondies » en matière d’immigration.
• L’ONU appelle à ne pas stigmatiser les Afghans
La fusillade à Washington « ne devrait pas » être une raison pour l’administration Trump de revoir sa politique migratoire envers les Afghans, a affirmé jeudi un responsable de l’ONU à l’AFP. « Ce dont cette personne est accusée est un crime odieux, et si cela s’avère vrai, ce qui semble être le cas, alors nous le condamnons sans réserve », a affirmé Arafat Jamal, à la tête de l’agence de l’ONU pour les réfugiés en Afghanistan.
Le responsable a toutefois dit espérer que cette situation « n’affecte pas les autres Afghans, demandeurs d’asile et réfugiés » présents aux Etats-Unis. « Je suis un peu inquiet quand je vois tous les articles qui insistent constamment sur le fait qu’il est d’origine afghane », a-t-il confié lors d’un entretien à Bruxelles. « J’espère que cela ne va pas ternir l’image de nombreux Afghans aux Etats-Unis et dans d’autres pays, qui ont été fidèlement aux côtés des Américains durant leur mission en Afghanistan », a ajouté le responsable onusien.
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