La crise sociale au Moulin du Dadou s’intensifie. Les salariés, confrontés à des licenciements imminents, rejettent les propositions de reclassement. La mobilisation s’étend, soutenue par les agriculteurs, dénonçant un drame économique et identitaire pour la région.
La crise sociale au Moulin du Dadou, situé à Saint-Genest-de-Contest, atteint un point de rupture. Le moulin, pourtant jugé rentable par le personnel après plus d’un siècle d’existence, va être fermé car il “produit trop par rapport aux besoins du territoire”. Une justification qui a rendu les salariés amers. En riposte, les travailleurs, qui font face à un avenir incertain et à des lettres de licenciement attendues mi-janvier, refusent catégoriquement l’offre de la direction et ont entamé une nouvelle grève depuis ce mardi 25 novembre.
Leur mobilisation, désormais visible au rond-point de Laboutarié, est un front commun contre des propositions de reclassement qui ne compensent en rien le déracinement imposé, à l’image des mutations dispersant des familles.

Les agriculteurs en grève aux côtés des salariés
L’indignation gagne aussi le monde agricole dont font partie les agriculteurs locaux qui fournissent le blé moulu sur place. Le Président de la Chambre d’agriculture du Tarn, Sébastien Bruyère, a adressé ce mardi 25 novembre une lettre cinglante à InVivo, dénonçant “un véritable drame économique et identitaire” pour toute la région Occitanie.
“Je suis extrêmement choqué qu’un tel outil de travail […] puisse disparaître d’un simple revers de main”, écrit-il. Le président souligne aussi “qu’au-delà du drame humain vécu par les 26 salariés du Moulin, c’est tout un pan de notre réalité agricole […] qui est violemment balayé.” Il dénonce enfin la contradiction : une décision de démantèlement émanant d’un collectif censé “incarner l’entraide et l’intérêt collectif”.
À lire aussi :
“Un à Rouen, l’autre dans l’Essonne”… Suite à la fermeture de ce moulin tarnais, des reconversions absurdes sont proposées aux salariés
La Chambre d’agriculture accuse la direction d’InVivo de sacrifier les territoires ruraux sur l’autel d’une “rentabilité déconnectée des réalités humaines et agricoles.”

Pour l’heure, la reprise de la grève, qui sera reconduite ce jeudi, confirme l’impasse du dialogue. En tout cas, autour du rond-point, tous espèrent rapidement pouvoir sortir de cette impasse.

