Ax 3 Domaines, la plus grande station de ski de l’Ariège, s’inscrit comme le troisième domaine skiable des Pyrénées françaises et s’impose comme une référence. Néanmoins, garantir une saison réussie passe par une gestion sophistiquée de la neige, qu’elle soit naturelle ou artificielle.
Même si les premières neiges ont permis à la première station de ski de l’Ariège, Ax 3 Domaines, d’enregistrer jusqu’à 50 centimètres sur ses cimes, la garantie d’un enneigement de qualité tout au long de la saison repose sur une stratégie rigoureuse, conjuguant nature et technologie. Un enjeu pour cette station située entre 1 400 m et 2 400 m d’altitude, forte de 80 kilomètres de pistes répartis sur 38 tracés, avec 21 remontées mécaniques et des espaces dédiés au freeride.

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Face aux défis permanents du changement climatique et du vent violent en montagne, assurer et maintenir l’épaisseur des pistes est une action constante. “Cette semaine, il y a un important travail de dameuses et de sécurisation du domaine qui débute”, indique Jacques Murat, directeur marketing des stations d’Ax 3 Domaines, de Guzet et des Monts d’Olmes. Ce travail est crucial, car “suite aux nombreuses congères formées par le vent, les équipes doivent activement étaler la neige en allant la chercher dans les zones où elle s’est stockée, notamment sur les secteurs du Saquet et des Campels.”
300 enneigeurs pour une production “chirurgicale”
Par ailleurs, si la neige de culture est devenue un impératif, sa production est gérée avec prudence afin de concilier les besoins de la station et l’optimisation des ressources énergétiques. Selon le spécialiste, aujourd’hui, “la neige de culture doit rester un complément et sa production doit tenir compte des prévisions météorologiques pour éviter le gaspillage.” Équipée de 300 enneigeurs, la station parvient ainsi à produire de manière chirurgicale.

Du côté technologique, Ax 3 Domaines investit dans des ventilateurs, de nouveaux dispositifs qui offrent un avantage bien réel sur les traditionnelles perches fixes. “Mobiles et plus performants, ils améliorent l’efficacité de la production et exigent moins de froid et d’humidité pour fonctionner”, précise le directeur marketing. Ce système, alimenté par l’eau pompée dans les rivières des vallées de Mérens et de Savignac, stockée dans trois bassins puis turbinée par l’ensemble du réseau, est performant, mais la station ne compte pas s’arrêter là.
Deux innovations majeures
En effet, dans l’optique de réaliser d’importantes économies d’énergie, Ax 3 Domaines explore deux pistes d’innovation majeures, en collaboration avec les professionnels de l’hydroélectricité en Ariège. La première, dont la mise en place est envisagée d’ici 2027, consiste à intégrer des systèmes hydroélectriques directement au réseau de neige de culture. “L’idée est d’utiliser la haute pression de l’eau circulant dans les tuyaux pour y installer des moulinets producteurs d’électricité”, précise Jacques Murat, qui confie que l’objectif ultime est “de se rapprocher progressivement de l’autosuffisance énergétique.”
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À l’avenir, ce projet pourrait être complété par un second système visant à exploiter les ressources externes : l’utilisation des surplus d’énergie du réseau EDF, via un dispositif inspiré des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), qui fonctionnent au moyen de deux retenues d’eau dont l’une sert de réserve d’énergie. Ce dispositif est stratégique, car il permettrait à la station d’utiliser l’excédent d’énergie du réseau EDF en période de faible demande pour alimenter la remontée de l’eau dans ses lacs d’altitude.
L’ouverture en préparation
Comme l’explique Jacques Murat, “le projet permettrait à la station de servir de soupape pour l’évacuation des surplus d’énergie d’EDF, tout en assurant une production complémentaire d’électricité”, créant ainsi un cycle vertueux dans lequel cette eau pourrait ensuite servir à produire de l’électricité via le premier système.
Concernant l’ouverture des pistes, malgré l’enthousiasme que suscitent les premières neiges, la prudence reste de mise et aucune date ferme n’est annoncée. Aujourd’hui, “le domaine est beau et l’enneigement prometteur, mais les skieurs devront patienter le temps que le travail de préparation et de sécurisation soit terminé”, conclut Jacques Murat.

