November 26, 2025

Shein devant la justice ce mercredi : ventes interdites, “dérives systémiques…” Que risque la plateforme ?

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Shein doit comparaître ce mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris, après la découverte de ventes de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes interdites.

Une procédure accélérée pour des manquements graves : Shein est convoquée ce mercredi matin devant le tribunal judiciaire de Paris. Selon le ministère de l’Économie, l’État demandera une suspension d’au moins trois mois du site en France, assortie d’une réouverture conditionnée au respect de nouvelles obligations de contrôle. La mesure vise à répondre à la mise en vente, sur la plateforme, de poupées sexuelles à l’apparence enfantine ainsi que d’armes de catégorie A, interdites à la vente.

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Bercy précise que l’Arcom pourrait être chargée de vérifier les mesures prises par Shein pour éviter toute récidive, en cas de suspension et de réouverture encadrée.

Des sanctions pénales lourdes

Les faits à l’origine de la procédure exposent Shein à des sanctions pénales significatives. La vente de contenus pédopornographiques est passible de sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le défaut de filtrage des mineurs ou la vente d’armes interdites peuvent entraîner trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.

L’audience de ce mercredi ne constitue pas, selon le gouvernement, une fin en soi. Les autorités affirment être désormais en “ordre de marche” contre les “dérives systémiques” observées chez Shein et d’autres grandes plateformes internationales.

Une première tentative début novembre

Le gouvernement avait déjà tenté, le 5 novembre, d’imposer à Shein un retrait immédiat des produits incriminés dans un délai de 48 heures via une procédure administrative. La plateforme avait réagi en suspendant toutes les ventes des vendeurs tiers opérant sur sa marketplace française, ainsi que celles de produits hors habillement.

Bercy avait qualifié cette réaction de “première victoire”, en ajoutant que la suppression, prévue début 2026, de l’exonération de droits de douane pour les colis de moins de 150 euros constituerait un levier supplémentaire face aux géants de l’e-commerce.

Le front judiciaire s’élargit

Parallèlement à la procédure civile ouverte contre Shein, une enquête pénale confiée à l’Office des mineurs a été lancée début novembre par le parquet de Paris. D’autres investigations visent également AliExpress, Temu, Wish et, depuis mardi, eBay. Toutes portent sur des soupçons de mise en vente de produits interdits ou dangereux.

Enfin, une coalition de fédérations du commerce français poursuit Shein pour “concurrence déloyale”, dénonçant des pratiques commerciales jugées destructrices pour le secteur.

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