Emmanuel Macron lors d’une discours à Berlin, le 18 novembre 2025. SEAN GALLUP / GETTY IMAGES VIA AFP
Guerre en Ukraine, budget pour 2026, service national volontaire… Emmanuel Macron s’est exprimé ce mardi 25 novembre sur la radio RTL et la chaîne télévisée M6 face à plusieurs interrogations croissantes. Le chef d’Etat a notamment appelé à ne pas se montrer « faible » face à la « menace » russe.
• Le SNV ne consiste pas à « envoyer nos jeunes en Ukraine »
Emmanuel Macron est revenu ce mardi matin sur le nouveau service national volontaire qu’il s’apprête à annoncer selon plusieurs médias. Le chef de l’Etat a assuré que ce dispositif n’était pas un moyen détourner d’« envoyer nos jeunes en Ukraine ».
Le chef de l’Etat a confirmé qu’il préciserait ce jeudi « la transformation du service national universel vers une nouvelle forme », sans fournir plus de précisions. « Il faut vraiment, en tout cas tout de suite, supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu’on va envoyer nos jeunes en Ukraine. C’est pas du tout le sens de cette affaire », a-t-il insisté.
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Emmanuel Macron se rendra jeudi sur un site de l’armée de terre à Varces (Isère), au sein de la 27ᵉ brigade d’infanterie de montagne (BIM), afin d’annoncer un « nouveau cadre pour servir au sein de nos armées » et répondre à l’« envie d’engagement » de la jeunesse. « Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-nation », a plaidé le chef de l’Etat.
Selon des sources concordantes, Emmanuel Macron devrait annoncer l’instauration d’un service militaire volontaire (SMV). Sa mise en œuvre devrait commencer modestement, avec 2 000 à 3 000 personnes la première année, avant une « montée en puissance » avec un objectif à terme de 50 000 par an, estimait récemment une source ayant connaissance du dossier. D’après plusieurs médias, la durée envisagée serait de dix mois et il serait rémunéré à hauteur de plusieurs centaines d’euros.
• Ne pas se montrer « faible » face à la « menace » de la Russie
Face à la « menace » représentée par la Russie, Emmanuel Macron a appelé à ne pas être « faible » en pointant du doigt la « posture beaucoup plus agressive » du pays de Vladimir Poutine.
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« Nous aurions tort d’être faible face à cette menace. Et donc si nous voulons nous protéger, nous Français, ce qui est ma seule obsession, nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus », a déclaré le chef de l’Etat qui participera dans l’après-midi à une réunion par visioconférence de la coalition des soutiens de l’Ukraine.
« Si nous sommes faibles en Ukraine, si on dit “c’est plus notre problème, au fond, ils sont très loin”, […] on va laisser tomber l’Ukraine », a prévenu Emmanuel Macron. « Ce jour-là, vous donnez un signal de faiblesse […] à la Russie qui, au fond, depuis dix ans, a fait un choix stratégique, c’est de redevenir une puissance impériale, c’est-à-dire d’avancer partout », a-t-il développé.
• L’utilisation des actifs russes
Lors de cette interview, le président français est revenu sur la question des actifs russes gelés par les Européens peu de temps après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. C’est « aux Européens de décider » comment les utiliser, a-t-il dit, se posant en contradiction avec le plan de paix porté par Donald Trump. Le texte du président américain prévoit d’investir ces actifs russes dans des projets menés par les Etats-Unis pour reconstruire l’Ukraine.
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Le plan en 28 points proposé par Donald Trump prévoit notamment que « 100 milliards de dollars d’actifs russes gelés seront investis dans les projets menés par les Etats-Unis pour reconstruire et investir en Ukraine, les Etats-Unis recevant 50 % des bénéfices de l’initiative ».
« Les Européens sont les seuls qui ont à dire, parce que ça fait partie du plan, ce qu’on fera avec les actifs russes gelés qui sont détenus par les Européens », a déclaré Emmanuel Macron sur RTL.
• Un compromis sur le budget 2026 ? Macron a « bon espoir »
Le chef d’Etat a également été interrogé sur le projet de budget pour 2026 examiné difficilement par les parlementaires depuis deux mois. Emmanuel Macron a affirmé avoir « bon espoir » que les parlementaires trouvent un compromis « dans les prochaines semaines » sur le projet de budget en dépit de son rejet en première lecture à l’Assemblée.
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« Si les responsables politiques qui sont au Parlement sont inquiets, plutôt que de commenter leur inquiétude, qu’ils s’occupent de bâtir des compromis pour le pays qu’ils aiment et qu’ils veulent servir », a déclaré le chef de l’Etat sur RTL.
Les responsables politiques à l’Assemblée « ont une responsabilité : soit de bâtir des coalitions comme font nos voisins allemands, comme font d’autres voisins, soit de trouver des compromis pour que les textes puissent être votés », a-t-il insisté en répétant que « ce n’était pas la responsabilité du président de la République ».
Ne voulant pas « faire de la politique-fiction », il a refusé de dire s’il envisageait une dissolution de l’Assemblée si celle-ci ne votait pas de budget à la fin de l’année.

