La plateforme de commerce en ligne Shein est sous le feu des critiques. 83 députés demandent son interdiction en France pour protéger travailleurs, santé et environnement.
18 jours après l’arrivée de Shein au BHV Paris, le site chinois d’e-commerce fait l’objet de critiques croissantes de la part des parlementaires français, qui en réclament désormais l’interdiction.
Sous l’impulsion de la présidente de la commission du Développement durable de l’Assemblée, Sandrine Le Feur (EPR), 83 députés ont publié un texte dans La Tribune Dimanche, demandant l’interdiction de la plateforme de commerce en ligne en France.
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Protéger l’emploi, la santé publique et l’environnement
Les parlementaires souhaitent “l’interdiction de Shein sur le territoire” afin notamment de “protéger les travailleurs, la santé publique et la planète”. Cette mesure vise directement les méthodes de production et de commercialisation du géant chinois de la mode ultra-éphémère.
Alors que le patron de la Société des grands magasins (SGM), Frédéric Merlin, se félicitait d’avoir accueilli “plus de 50 000 visiteurs” seulement cinq jours après l’ouverture d’une boutique physique en plein centre de Paris, les critiques n’ont pas cessé contre la marque.
“Ce n’est pas la mode qui se démocratise, c’est Shein qui se dédiabolise”, plaident ainsi les 83 parlementaires. Shein est accusée de “concurrence déloyale” et d’inonder le marché de “produits toxiques”.
La plateforme convoquée par la justice
La plateforme est déjà dans le viseur du gouvernement après la découverte de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A sur le site. Le géant chinois de la mode ultra-éphémère est convoqué mercredi 26 novembre devant le tribunal judiciaire de Paris, qui devra statuer sur la suspension du site en France.
“Puisque le débat ne peut plus se contenter d’indignation, la commission du développement durable de l’Assemblée nationale a convoqué les dirigeants de Shein pour enfin les entendre sur leurs pratiques”, déclarent les députés. La convocation, initialement prévue le 26 novembre, a été décalée au 2 décembre en raison d’un problème d’agenda.
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Jeudi 20 novembre, une proposition de résolution européenne a aussi été déposée à l’Assemblée. Elle vise à améliorer la détection et la suppression des produits à caractère pédocriminel sur les plateformes de commerce en ligne et à créer un dispositif européen de veille et de traçabilité des ventes illicites.
En 2025, Shein a déjà écopé de trois amendes, pour un total de 191 millions d’euros, notamment pour fausses promotions et informations trompeuses.

