Un jeune rugbyman de Gaillac écope de 70 heures d’intérêt général pour les violences commises contre des adversaires lors d’une bagarre survenue le 6 mai 2023, sur le bord du terrain, à Saverdun, en Ariège.
Les regrets de Thomas*, 20 ans, ont ouvert son audience ce jeudi 20 novembre 2025 au tribunal correctionnel de Foix, en Ariège. “Je le regrette terriblement, je ne suis pas violent de base, j’ai vraiment eu peur pour mes amis donc voilà…”, déclare-t-il, alors qu’il comparait pour des violences commises sur deux sportifs saverdunois ainsi que leur entraîneur.

Ces faits remontent au 6 mai 2023, lorsque son équipe de rugby de Gaillac affrontait les Saverdunois à domicile pour le compte de la Coupe d’Occitanie. Il est 14 heures lorsque les hostilités commencent en dehors du terrain. Le contexte exact de la bagarre, filmée et déroulée en deux temps, est difficile à déterminer au vu du nombre de personnes impliquées dans ce dossier.
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Mais c’est durant ce second assaut que Thomas, membre du staff ne jouant pas ce jour-là, apparaît sur les captures d’écran. “Devant la guitoune… enfin notre abri”, précise-t-il face aux regards interloqués de la présidente, Anna Michaut, deux joueurs recommencent à se bagarrer. “Déjà, lors de la première partie {de la bagarre, NDLR}, j’ai eu peur pour un membre de mon équipe qui avait perdu plusieurs dents, alors j’ai voulu le protéger.”
Exclu du terrain pendant six matchs
Thomas, 18 ans au moment des faits, assène un premier coup de poing à un athlète de l’équipe adverse, le faisant immédiatement tomber au sol. Par la suite, il frappe un autre rugbyman de l’équipe de Saverdun. “Vous comprenez que ce geste peut se lire comme une participation active à une bagarre générale, intervient la présidente, je ne sais pas si c’est une attitude d’apaisement”. Comme d’autres participants, le prévenu a été sanctionné d’un carton rouge et exclu du terrain pendant six matchs.
Lorsque vient son tour de témoigner, Ronan*, joueur de l’UA Saverdun mis à terre par le poing de Thomas, affirme se souvenir de tout. “La bagarre est passée assez vite, ce n’est pas traumatisant mais parfois cela retire l’envie de rejouer.” Ce jour-là, s’il est intervenu dans la rixe, c’est pour défendre son coéquipier qui venait de prendre un coup de poing sans rien demander. “Sur la vidéo on le voit bien, je ne mets pas de coup, je ne fais juste que séparer.” Désormais, il vit chaque match avec “ce sentiment de méfiance à l’égard des bancs où se situe l’équipe adverse.”
105 heures d’intérêt général requis
Face à la reconnaissance de culpabilité de Thomas et à l’ancienneté des faits, la magistrate, Prune Anglade, requiert 105 heures de travail d’intérêt général, avec en cas d’inexécution deux mois de prison, pour celui qui fait aujourd’hui ses études à Rodez et est toujours rugbyman à Gaillac. Le prévenu n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucun autre signalement depuis cette altercation d’il y a deux ans.
Également d’écrit pas son entourage comme “bienveillant” et “réfléchi”, le jeune rugbyman a même, il faut le dire, fait preuve de bonne foi lors de son audition. “C’est lui qui va s’identifier sur les différents clichés à l’OPJ, il va s’auto-incriminer et reconnaître qu’il a pu prendre part à cette seconde scène”, soulève son conseil. “Il n’a jamais été sanctionné sportivement préalablement à ces faits alors que cela faisait plus de 13 ans qu’il pratiquait le rugby.”
S’agissant de l’entraîneur de l’équipe adverse, la robe noire tient aussi à rétablir la vérité : c’est lui qui a violenté Thomas, l’a attrapé, empoigné, et a pour cela écopé de sept matchs de suspension. Un discours entendu par la présidente qui, faute de preuves, relaxe le jeune rugbyman sur les violences contre l’entraîneur saverdunois, mais le condamne à 70 heures de travail d’intérêt général pour les coups portés aux deux autres joueurs.
Et avant qu’il ne retrouve Gaillac, une dernière mise en garde s’impose : “Si ça commence à chauffer sur le terrain, vous partez !”, insiste la présidente.

