November 19, 2025

Il abusait de son ex-femme pendant qu’elle dormait : un homme de 37 ans condamné à de la prison ferme

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Un homme de 37 ans a été jugé, ce mardi 18 novembre, à Auch pour harcèlement, propos violents et agressions sexuelles envers son ex-femme. Placé initialement sous contrôle judiciaire, il est reparti menottes aux poignets.

“Elle l’a bien cherché” : ce sont les mots d’un homme de 37 ans à la barre du tribunal d’Auch, ce mardi 18 novembre. Des mots qui résonnent, interpellent et laissent deviner les raisons de sa comparution. Le 6 mai 2024, son ex-femme dépose plainte contre lui, dénonçant un harcèlement répété.

Elle raconte avoir reçu de nombreux messages injurieux, racistes, misogynes et grossophobes après leur séparation. Le dossier d’enquête réunit près de 150 pages d’échanges. “Boudin noir”, “babouin”, “rentre dans ton pays” : les messages envoyés, entre octobre 2022 et juillet 2025, par l’individu sont d’une rare violence.

Les faits les plus graves, eux, se situent entre 2018 et 2019. Car, la jeune femme accuse également son ex-mari de viol et d’agression sexuelle, expliquant avoir subi, pendant son sommeil, des actes bucco-génitaux et avoir été réveillée à plusieurs reprises alors que l’individu était dans le lit.

Des explications confuses face aux accusations de violences

Le 22 septembre 2025, l’homme est placé en garde à vue. Concernant l’envoi de messages malveillants, il reconnaît les faits en audition comme à la barre. Il décrit une relation conflictuelle, marquée selon lui par des désaccords concernant leur fille, qui auraient généré frustration et colère. “C’est juste des mots”, se défend-il, alors qu’il a déjà été condamné pour des violences conjugales. Il attribue également son comportement à sa mysophobie, une peur obsessionnelle d’être contaminé par des microbes ou des parasites.

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Sur les abus sexuels, ses explications surprennent davantage : “Elle se baladait régulièrement en petite culotte devant moi”, affirme-t-il. À cette époque, ils faisaient chambre à part. Lors de son audition, il conteste les viols mais reconnaît 5 à 10 agressions sexuelles. “Je trouvais ça plus excitant quand elle dormait”, confie-t-il en garde à vue. “À force de la voir à moitié nue, ça donne envie […] Elle cherchait à se faire violer”, ajoute-t-il devant le tribunal.

Un dossier correctionnalisé et une condamnation ferme

Le prévenu aurait pu être renvoyé devant la cour d’assises ou la cour criminelle. Cependant, le dossier a été correctionnalisé : les faits poursuivis relèvent désormais du délictuel et non du criminel. Selon l’instruction, les éléments objectifs recueillis étaient jugés insuffisants pour étayer le dossier. “Ça ne veut pas dire que les viols n’ont pas existé”, tient toutefois à souligner la procureure. Si les faits avaient été commis après 2021, la qualification retenue aurait été criminelle.

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“Je veux tourner la page, qu’il reconnaisse”, témoigne la victime, qui a accepté la correctionnalisation. “Il ne fallait pas que je laisse ça dans le silence.”

Il comparaissait libre, mais c’est menottes aux poignets qu’il quitte la salle d’audience. Il a été condamné à quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire renforcé. Obligation de soins, interdiction de contact, interdiction de paraître au domicile de la victime et indemnisation font partie de la peine. Un mandat de dépôt, le retrait de l’exercice de l’autorité parentale et l’inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles s’ajoutent également à la décision, lui valant une première nuit en prison.

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