August 30, 2025

Tennis : "C’est la première fois que je gagne un match des toilettes !" Le Français Adrian Mannarino brille à l’US Open et s’offre une cure de jouvence

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Bosseur, maniaque et qualifié depuis les WC, à 37 ans, le Français Adrian Mannarino a connu un parcours pour le moins atypique avant d’atteindre son premier huitième de finale à l’US Open, où il affrontera ce dimanche 31 août le Tchèque Jiri Lehecka (21e).

Dans le tennis professionnel, chacun a son rythme. La progression et les résultats sont loin d’être linéaire. Arthur Rinderknech et Benjamin Bonzi, qui s’affrontaient au 3e tour de l’US Open, connaissent par exemple la meilleure saison de leur carrière à 29 et 30 ans. Qualifié pour les 8e de finale du Grand Chelem new-yorkais après sa victoire face à Ben Shelton ce vendredi 29 août (3-6/6-3/4-6/6-4/Ab.), Adrian Mannarino connaît lui un apogée encore plus tardif.

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Depuis la création du classement ATP en 1973, aucun joueur n’avait intégré le top 20 à un âge aussi avancé que Mannarino. Le Francilien était âgé de 35 ans en janvier 2024, quand il s’est hissé jusqu’à la 17e place mondiale. “Peu importe l’âge, c’était une fierté d’atteindre ce classement-là”, a affirmé celui qui était retombé à la 145e place en début d’année avant de de nouveau renaître de ses cendres. Désormais âgé de 37 ans et deux mois, il est le deuxième joueur le plus âgé de l’ère professionnelle (inaugurée en 1968) à atteindre son premier huitième de finale à l’US Open.

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Alors qu’il venait d’égaliser à deux sets partout ce vendredi 29 août lors de son troisième tour contre le 6e mondial Ben Shelton, Adrian Mannarino s’est octroyé une pause toilettes. Il était donc hors du court quand l’Américain a signifié à l’arbitre qu’il allait abandonner en raison d’une blessure à l’épaule gauche.

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“Ça faisait longtemps que j’avais très envie d’aller aux toilettes”, mais les pauses WC sont autorisées entre les manches et pas pendant, “je me suis dit que si j’arrivais à finir le set, ça allait être la double délivrance”, a-t-il plaisanté. C’est finalement via le talkie-walkie de la personne qui l’a escorté pour sa pause que le Français a appris l’abandon de Shelton, à qui il est ensuite revenu serrer la main. “C’est la première fois que je gagne un match des toilettes. Il y a une première à tout”, s’est amusé le 77e mondial.

Maniaque mais pas le “pire”

Obsédé du détail, Mannarino donne souvent du fil à retordre aux cordeurs du circuit, à qui il demande des tensions de raquette inhabituelles. Parfois, “on va le voir se balader avec des bouts de plomb, il vérifie ses raquettes lui-même et là ce n’est plus de l’ordre du gramme, c’est du quart de gramme, du huitième de gramme”, racontait en juillet à l’AFP Xavier Brémard, qui a cordé les raquettes du Français à Wimbledon.

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“Je suis un des joueurs très maniaques” du circuit mais “il y a pire que moi”, assure le Français sans révéler de noms. Mannarino insiste aussi pour découvrir son prochain adversaire en dernière minute.

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“J’essaie de retarder au maximum, pour garder de la fraîcheur dans la tête. Une fois que je sais (qui est) mon adversaire, j’ai l’impression de rentrer dans le match […] j’ai du mal à faire abstraction”, explique le gaucher. Découvrir son adversaire “quelques minutes, quelques heures avant le match, ça permet vraiment d’être plus relâché”, juge son entraîneur par intérim Vincent Millot. “En tout cas, ça fonctionne bien pour lui”, ajoute-t-il.

Entraîné par un ami

Entraîné d’ordinaire par Erwann Tortuyaux, Adrian Mannarino est accompagné depuis le début de la tournée américaine sur dur par son ami Vincent Millot, un ancien joueur professionnel installé au Canada.

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“Mon entraîneur reste Erwann Tortuyaux”, a précisé le gaucher en début de tournoi. Mais “il a eu un petit problème de passeport pour venir” et Mannarino s’est donc tourné vers son ami, habitué à le conseiller durant l’été. “Tous les ans, on faisait une ou deux semaines ensemble. Cet été, je lui ai demandé s’il pouvait se libérer un peu plus”, a détaillé le trentenaire.

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“C’est vraiment quelqu’un qui s’entraîne de manière rigoureuse”, affirme Millot. “Ça fait un mois et demi qu’on est ensemble, je pense que si on a bu un verre de vin”, c’est un maximum. À 37 ans, “chaque détail compte, chaque minute de la journée doit être prise au sérieux. On ne peut pas se permettre de manger n’importe quoi, la récupération est plus dure”, souligne l’entraîneur éphémère. Mannarino doit désormais se projeter sur la suite de son tournoi avec un duel alléchant face à Jiri Lehecka en perspective. Il tentera de prolonger son aventure new-yorkaise ce dimanche 31 août.

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