August 30, 2025

"Est-ce dû à la canicule, à la conjoncture ?" : dans ce camping de l’Aveyron on s’interroge après un bilan de saison moyen

l’essentiel
La saison estivale touche à sa fin. L’occasion de faire le bilan avec Yves Moinard, le directeur du camping municipal de Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron.

La Dépêche du Midi : A quelle date le camping du Rouergue Onlycamp ferme-t-il ?

Yves Moinard : Nous fermons le 21 septembre. En octobre, il n’y a plus que l’aire de camping-car qui reste ouverte, car ces véhicules sont autonomes. C’est très calme en octobre et la météo n’est pas forcément bonne. Nos retraités de passage sont déjà partis en Espagne ou au Portugal à cette époque.

Quel bilan faites-vous pour cet été ?

La saison est moyenne, par rapport à l’année dernière. Je ne sais pas trop l’expliquer. Est-ce parce qu’il a fait très très chaud ? Ou l’environnement politique ? Les gens ont-ils préféré épargner ? Je sais que tous les campings de la France ont souffert. Je n’ai pas encore fait les comptes mais, alors que le mois d’août est le plus important de la saison, j’enregistre une baisse de 30 à 40 % de mon chiffre d’affaires pour cette période. Il y a des travaux dans la rue, je pense que les campeurs de passage qui ne trouvaient pas l’établissement sont partis ailleurs. Cela ne concerne pas ceux qui avaient réservé.

Les chiffres de fréquentation sont-ils différents entre le locatif (les mobile-homes, NDLR) et le camping traditionnel ?

Il y a une meilleure fréquentation sur le locatif, mais celui-ci ne représente que 20 % de notre activité. L’identité du camping, ce sont les campeurs avec la tente pour une clientèle de passage, on n’a ni la mer ni la montagne ici. Je ne crois pas qu’il s’agit d’un changement d’habitude. Avant le Covid, on était toujours plein avec cette clientèle, cela doit provenir de la conjoncture.

En 2025, quel est le profil du client ?

D’habitude, nous avons de 20 à 30 % d’étrangers. Cette année, ça a été très calme. Si j’en ai eu 10 %, c’est bien. La majorité des campeurs viennent du nord et de l’est de la France, mais aussi de la Bretagne. Ils ont entre 50 et 70 ans. J’ai aussi des fidèles qui viennent depuis 20 ou 30 ans. À force, on tisse des liens avec mon épouse.

Avez-vous eu de belles surprises ?

Nous avons monté un petit snack buvette. Il a mieux marché que l’année dernière ! C’est paradoxal. Nous avions changé le mobilier, il est peut-être devenu plus accueillant. Nous sommes moins chers qu’en ville mais nous ne l’ébruitons pas, il ne s’agit pas de faire concurrence avec les commerces du centre-ville. Nous avons aussi reçu l’équipe de rugby.

À lire aussi :
Une entrée à la piscine contre une location : l’astuce d’un camping aveyronnais privé de son bassin pour attirer les clients

Quelles sont les retombées du partenariat avec la piscine ?

Il a très bien marché. Nous avons la chance d’avoir une belle piscine à 200 m du camping, pourquoi ne pas l’utiliser ? Les campeurs étaient très contents d’avoir accès à l’équipement, surtout avec la canicule, ça fait du bien. On renouvelle le partenariat l’an prochain.

Des projets pour la future saison ?

Non, on a fait beaucoup de travaux et nous n’avons pas de gros chiffre d’affaires. Nous n’avons donc rien prévu, d’autant que l’aire de camping-car affiche aussi un chiffre d’affaires moyen.

source

TAGS: