Au festival “Des Étoiles et des Ailes”, les 22 et 23 novembre à Toulouse, l’Armée de l’air et de l’espace fera vivre au public les sensations d’un pilote de chasse grâce à des simulateurs immersifs. Entre sueurs froides, virages à 8G et compétition façon Patrouille de France, reportage en avant-première.
Le sergent Jean-François me fait signe d’avancer. Devant moi, un Alphajet – enfin, son simulateur – m’attend, solidement campé au sol mais prêt à bondir.
Newsletter Aéronautique
Votre RDV hebdomadaire pour découvrir des informations
exclusives sur le secteur de l’aéronautique : interviews, analyses approfondies, enquêtes…
Je m’installe dans un vrai siège, mains crispées sur un manche d’avion de chasse. Autour, les consignes fusent : “Restez concentré jusqu’au bout, Adel était devant vous pendant toute la course !” lance l’animateur, mi-instructeur, mi-commentateur sportif.
“L’objectif, explique le sergent, c’est de présenter nos missions de manière ludique. On a un simulateur de Mirage 2000 en réalité virtuelle, un simulateur actif de Rafale, et un jeu de la Patrouille de France. Ça nous permet de montrer le travail des aviateurs et de parler de nos carrières.”
“Les pilotes de la Patrouille, dans un virage appuyé, encaissent jusqu’à 8G.”
À quelques mètres, des visiteurs enchaînent les virages serrés. Le sergent reprend : “Les pilotes de la Patrouille, dans un virage appuyé, encaissent jusqu’à 8G.” Je resserre instinctivement les sangles.

Le compte à rebours s’affiche. Gaz. L’horizon bascule. La cabine vibre, les reliefs se rapprochent.
Mon objectif : garder une cible au centre d’un viseur mouvant. Simple en théorie. Impossible en pratique. Je dérape, je corrige, je m’accroche. Trois minutes plus tard, verdict : un score honnête, mais loin derrière Antoine et Laurent, champions autoproclamés de la journée.
Le monstre sur vérins : le Rafale de Motion XP
Plus loin dans le hall trône le second simulateur : le module Rafale sur vérins, développé par Motion XP à Chambéry. Une capsule sobre, noire, prête à avaler son prochain passager.
“C’est le simulateur qu’on a déployé pour la première fois au Bourget en 2025”, glisse un technicien. L’activité est gratuite, mais réservée aux plus de 15 ans. Et “fortement déconseillée” à ceux qui ont des soucis d’oreille interne. Je comprends vite pourquoi.

Casque 360° vissé sur la tête, je suis propulsé dans le cockpit du Rafale. Décollage. Le siège s’incline, tremble, s’arrache presque du sol.
L’immersion est totale : chaque roulis, chaque accélération est retransmise par les vérins. Je vire, je pique, je remonte trop brusquement. Le paysage tourne autour de moi. Sensation de chute libre, souffle coupé. Trois minutes plus tard, je sors en riant nerveusement, les jambes encore flageolantes.
Un festival qui recrute autant qu’il émerveille
“On est là pour montrer nos métiers, nos missions”, rappelle le sergent Jean-François. Le CIRPA événementiel, la branche communication de l’Armée de l’air et de l’espace, a sorti l’artillerie lourde pour séduire les jeunes curieux de pilotage ou de mécanique aéronautique.

L’animation est disponible samedi 22 et dimanche 23 novembre, au festival Des étoiles et des Ailes, qui fête sa 10e édition, à l’Envol des Pionniers de 10 heures à 18 heures, (8 euros adultes, gratuit pour les moins de 12 ans), 6 rue Jacqueline Auriol à Toulouse.

