À peine annoncée, la mise en jeu de la responsabilité du gouvernement par François Bayrou a déclenché le compte à rebours : le 8 septembre, l’Assemblée nationale dira si elle accorde ou non sa confiance au Premier ministre. RN, LFI, PCF et écologistes ont déjà scellé leur refus, totalisant 264 voix théoriques contre la confiance : si le PS s’abstient, et sans préjuger des autres formations (Liot et non inscrits), il faudrait que le bloc central fasse mieux…
Sitôt faite l’annonce de François Bayrou qu’il engagerait la responsabilité de son gouvernement et demanderait un vote de confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre, que les calculettes ont commencé à chauffer : qui votera contre la confiance, qui votera pour et qui s’abstiendrait ?
Au contraire d’une motion de censure où il faut 289 voix pour faire chuter le gouvernement, le vote de confiance est adopté s’il recueille la majorité absolue des suffrages… exprimés (c’est-à-dire la majorité des voix des députés qui ont effectivement voté, en excluant les abstentions et les bulletins blancs ou nuls).
Les oppositions vent debout
François Bayrou peut espérer compter sur la confiance du socle commun (Renaissance, Modem, Horizons et LR) qui va devoir faire bloc pour lui assurer les 210 votes théoriques. Mais il faut qu’il fasse plus que les oppositions…
Sans surprise, RN et LFI ont rapidement indiqué qu’ils voteraient contre. « C’est justement parce qu’ils ont compris la gravité de la situation que nos compatriotes refusent les mesures du Premier ministre, aussi injustes qu’inefficaces. Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou. Seule la dissolution permettra désormais aux Français de choisir leur destin, celui du redressement avec le Rassemblement national », a réagi sur X Marine le Pen au nom des 123 députés RN, alors qu’Emmanuel Macron a récemment écarté l’idée de recourir à une nouvelle dissolution. Idem pour les 15 députés UDR d’Eric Ciotti, qui estimait hier « naturellement inenvisageable d’accorder la confiance. »
Tandis que Jean-Luc Mélenchon observait que « le 8 septembre, pour la première fois depuis cinq ans, un Premier ministre macroniste demandera un vote de confiance à l’Assemblée », la cheffe des 71 députés LFI Mathilde Panot estimait que « François Bayrou nous donne la date de sa chute. Qu’il compte sur nous, nous serons au rendez-vous », pour voter contre la confiance.
Pour le PCF qui dispose de 17 députés, ce sera non aussi. « Comment accorder sa confiance à une majorité qui a un tel bilan, qui a fait tant de mal depuis 2017 ? Nous voulons un autre gouvernement » a déclaré sur X Fabien Roussel. Idem pour les 38 députés Écologistes. « François Bayrou pense pouvoir partir en héros incompris. Ce vote de confiance (qu’il n’a pas fait en arrivant) est de fait une démission. Nous voterons contre », a annoncé Marine Tondelier.
Ce camp du contre totalisait donc hier déjà 264 voix théoriques, 54 de plus que la totalité du bloc central…
L’espoir de revirements et d’une abstention du RN
Restait donc à connaître la position du groupe protéiforme Liot (23 députés), le vote des non-inscrits (11) et surtout celui des 66 députés socialistes. « Dans les conditions de majorité actuelle, il sait qu’il ne peut obtenir un vote de confiance des oppositions. C’est une autodissolution. […] Il est évidemment inimaginable que les socialistes votent la confiance au Premier ministre », a déclaré le premier secrétaire du PS Olivier Faure au Monde… douchant les espoirs de François Bayrou.
Les jeux semblent donc faits… à moins qu’il y ait des revirements chez les contre la confiance en François Bayrou, une abstention du RN par exemple. Tout va donc dépendre de ce que dira François Bayrou le 8 septembre pour obtenir plus de suffrages que ceux qui veulent le faire chuter…