August 21, 2025

Pouze. Un conservatoire fruitier de mille arbres face au changement climatique

l’essentiel
Depuis les premières plantations en 2019, et les premières greffes pendant le confinement, près de 1 000 arbres, majoritairement fruitiers, ont été plantés à Pouze.

Rencontre avec Marie-Claire Gaïga et Pierre Chapelle, initiateurs de ce projet, porteur de résilience et ancré dans la diversité et la durabilité.

“Mille arbres”, dit le Papet dans Jean de Florette. C’est lui qui vous a inspirés ?

Tout à fait. Il dit aussi que quand un arbre meurt, une source s’assèche ; quand un arbre renaît, une source rejaillit. La canicule et la sécheresse actuelles donnent sens à notre projet.

Quelles espèces avez-vous privilégiées ?

Notre conservatoire fruitier compte plus de 125 variétés anciennes, soit environ 1 000 arbres sur la vingtaine d’hectares réservée à ce projet. Pour préserver une diversité menacée, nous avons rapporté du conservatoire d’Olot (Catalogne) 21 variétés de pommiers sur 25, 7 de poiriers sur 18 et 2 de cerisiers sur 8, complétées d’anciennes variétés françaises. Sont aussi implantées 31 variétés de vignes, dont le Catawba (qui a donné son nom à notre conservatoire), 25 de figuiers, 13 de noisetiers, 10 d’oliviers, 7 d’abricotiers, 3 de pêchers de vigne, 2 d’amandiers, 2 de noyers… et le chêne vert ballota.

Pas seulement des fruitiers, donc ?

Le chêne ballota, aux glands comestibles, que nous a fait découvrir notre voisine, a ouvert une autre piste passionnante : celle de replanter dans nos haies et nos bois de nombreuses espèces de chênes originaires de tout le bassin méditerranéen et même au-delà : Espagne, Portugal, Turquie, Liban, Hongrie, Grèce… Nous avons aussi introduit 7 essences de résineux adaptées au climat futur, ainsi que des espèces de sous-bois.

Comment cultivez-vous ces espaces de vergers ?

En extensif, avec 12 à 15 mètres laissés entre les rangs, ce qui facilite la gestion du fourrage. Certaines variétés de pommiers et poiriers sont sous une canopée agroforestière de févier d’Amérique aux multiples intérêts. Chaque variété est présente entre 2 et au maximum 80 pieds. Ont aussi été implantés : cassis, framboises, caseilles, groseilles…

Ce travail a déjà reçu une première reconnaissance ?

Oui, le Centre national de la propriété forestière (CNPF) l’a intégré au réseau national d’essais pour l’adaptation des forêts au changement climatique. Et l’ensemble a une vocation éducative et collective qui s’inscrit parfaitement dans la nouvelle loi d’orientation agricole.

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