August 20, 2025

ENTRETIEN. Magic System au Rose Festival 2025. Le phénomène ivoirien a bientôt 30 ans : "Notre musique, c’est une thérapie"

l’essentiel
Le phénomène ivoirien Magic System sera sur la scène du Rose Festival vendredi 29 août. Avant ce rendez-vous, Salif “A’Salfo” Traoré évoque leur nouveau titre “Vida Loca”, un futur album, trente ans de carrière, et les engagements sociaux du groupe.

La Dépêche : Magic System va fêter ses 30 ans l’an prochain. Quel effet ça fait ?

Salif Traoré : C’est une grande fierté. Tout le monde n’a pas la chance de faire une carrière aussi longue. On a traversé les générations, on a gardé notre public. C’est le signe que notre musique est intemporelle, mais aussi fédératrice. Ce n’est pas juste pour les Africains ou les Ivoiriens. On a croisé nos sonorités avec le rap, le raï, la pop. Quand on joue, tout le monde se retrouve.

Votre premier grand succès est “Premier Gaou”. Comment le public réagit quand vous l’interprétez ?

C’est la chanson la plus attendue. Ça sera toujours le titre qui nous a fait connaître. Elle replonge tout le monde dans la nostalgie, mais à la fois, quand on la joue c’est comme si elle était sortie hier. Elle traverse le temps, elle parle à tout le monde.

De gauche à droite : Goudé, A’Salfo, Tino et Manadja.
De gauche à droite : Goudé, A’Salfo, Tino et Manadja.
Fifteen productions

Aucun membre du groupe ne pense à la retraite ?

En musique, on ne prend jamais sa retraite. Notre musique, c’est aussi une thérapie. Elle apporte du soleil dans la vie des gens. Et quand tu sais que tu fais du bien, tu n’as pas envie d’arrêter. On a encore à donner.

Vous avez sorti récemment un nouveau titre, “Vida Loca”. De quoi parle cette chanson ?

Ça parle de la vie. On évoque une jeunesse un peu victime de la mode, toujours dans le paraître, sans avoir les moyens de vivre de cette manière. On l’aborde avec humour, pour amuser un peu la galerie. C’est une façon de dire : vivez votre folie. L’idée, c’est de lâcher prise et de profiter.

Ce titre annonce-t-il un nouvel album ?

Exactement. Chez nous, un single n’arrive jamais tout seul. L’album arrivera avant la fin de l’année, entre novembre et décembre 2025.

Vous avez toujours qualifié votre musique d’afro-pop. Est-ce que cette définition tient toujours ?

On fait de la musique d’ambiance. Pas seulement afro, pas seulement euro. C’est une musique qui parle à tout le monde. On essaie d’apporter de la fraîcheur, avec les tendances du moment, des sonorités d’amapiano par exemple. Mais sans perdre notre essence. On ne veut pas rester bloqués dans les années 2000 et s’adapter aux nouveaux styles.

Vous êtes aussi très engagé sur le plan social et politique. Pourquoi cet engagement ?

On ne peut pas oublier d’où on vient. On a grandi dans des quartiers défavorisés. Quand on a du succès, on a envie de rentrer chez soi pour aider. C’est ce qu’on fait avec la Fondation Magic System : construire des écoles, améliorer les infrastructures sanitaires. Les gens attendent de nous plus que des chansons. Ils attendent du partage, du soutien.

Vous serez sur la scène du Rose Festival à Toulouse. Pourquoi avoir accepté cette invitation ?

Bigflo & Oli sont des artistes qu’on respecte beaucoup. Comme nous, ils organisent un événement fédérateur, à leur image et chez eux. C’est normal de se soutenir entre artistes qui croient en la puissance rassembleuse de la musique. On veut participer à cette dynamique, montrer que la musique n’est pas qu’un levier de divertissement, mais aussi un moteur de développement.

Vous avez votre propre festival à Abidjan.

Le FEMUA, c’est le Festival de Musique Urbaine d’Anoumabo. Cette année, c’est sa 18e édition. Il accueille chaque année des artistes du monde entier, notamment de France. On y a reçu Gims, Booba, Soprano… C’est un événement qui rayonne et qui montre qu’en Afrique aussi, on peut organiser des festivals de haut niveau.

Vendredi 29 août au Rose Festival, au MEETT, avenue Concorde, à Aussonne. Pass 1 jour 64€. Pass 3 jours 169€.

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