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Le Nouvel Obs avec AFP
Benyamin Netanyahou et Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 24 octobre 2023. CHRISTOPHE ENA-POOL/SIPA
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a accusé le président français Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » en France en appelant à la reconnaissance internationale de l’Etat de Palestine, selon un courrier officiel au chef de l’Etat français.
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« Je vous appelle à remplacer la faiblesse par l’action, l’apaisement par la volonté, et à le faire avant une date claire : la nouvelle année juive, le 23 septembre 2025 », poursuit cette lettre signée de Benyamin Netanyahou, en date du 17 août, et transmise à l’AFP ce mardi 19 août.
« Je suis préoccupé par la montée alarmante de l’antisémitisme en France et par le manque d’actions décisives de votre gouvernement pour y faire face. Ces dernières années, l’antisémitisme a ravagé les villes françaises », écrit Benyamin Netanyahou. « Depuis vos déclarations publiques attaquant Israël et signalant la reconnaissance d’un Etat palestinien, il a augmenté », affirme-t-il.
La France, par la voix de son chef d’Etat, avait annoncé fin mai qu’elle reconnaîtrait en septembre prochain l’Etat de Palestine, à l’occasion de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
La France « n’a pas de leçons à recevoir »
« Suite à l’attaque sauvage du Hamas contre le peuple israélien le 7 octobre 2023, des extrémistes pro-Hamas et des radicaux de gauche ont lancé une campagne d’intimidation, de vandalisme et de violence contre les Juifs à travers l’Europe », une campagne qui « s’est intensifiée en France » sous le mandat d’Emmanuel Macron, estime le Premier ministre israélien.
La France n’a « pas de leçons à recevoir dans la lutte contre l’antisémitisme », a rétorqué sur la chaîne BFMTV le ministre des Affaires européennes, Benjamin Haddad, qui appelle à ne pas « instrumentaliser » le sujet de « l’antisémitisme qui empoisonne nos sociétés européennes ». Les autorités françaises ont selon lui été « toujours extrêmement mobilisées contre l’antisémitisme ».
Benyamin Netanyahou liste plusieurs incidents récents, dont le saccage de l’entrée de bureaux de la compagnie aérienne El Al à Paris, l’agression d’un homme juif à Livry-Gargan, ou des rabbins « agressés dans les rues de Paris ». « Ces incidents ne sont pas isolés. Ils constituent une plaie. »
« Votre appel à un Etat palestinien alimente ce feu antisémite. […] Cela récompense la terreur du Hamas, renforce le refus du Hamas de libérer les otages, encourage ceux qui menacent les Juifs français et favorise la haine des Juifs qui rôde désormais dans vos rues », accuse encore Benyamin Netanyahou. Il loue en contre-exemple le président américain Donald Trump, pour son « combat » contre les crimes antisémites et pour « protéger les Juifs américains ».
« Président Macron, l’antisémitisme est un cancer. Il se propage lorsque les dirigeants restent silencieux. Il recule lorsque les dirigeants agissent. Je vous appelle à remplacer la faiblesse par l’action, l’apaisement par la volonté, et à le faire avant une date claire : la nouvelle année juive, le 23 septembre 2025 », apostrophe en conclusion le Premier ministre israélien.
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La France coprésidera en septembre avec l’Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement visant à relancer la solution dite « à deux Etats », palestinien et israélien. L’Assemblée générale de l’ONU prévue en septembre prend fin précisément le 23, date posée par Benyamin Netanyahou dans son courrier.