Boostées par un enneigement record cette année, les stations du massif pyrénéen attirent les acheteurs immobiliers, séduits par des prix raisonnables et la perspective d’une résidence secondaire à l’année.
À Saint-Lary, l’immobilier se porte plutôt bien et 2026 a même commencé sur des chapeaux de roues ! Entre deux descentes, les touristes ont été nombreux à profiter de leur séjour pour concrétiser leurs projets immobiliers, se réjouit Pascale Rouannet, à la tête de l’agence Pascale Pyrénées Immobilier et installée depuis trente ans au cœur du village des Hautes-Pyrénées. L’enneigement, un peu exceptionnel en cette saison, y est sans doute pour quelque chose, reconnaît la spécialiste, mais ce n’est pas la seule explication. Les acheteurs viennent de Vendée, de Bordeaux, de Toulouse ou encore de Pau. Ils sont séduits par une offre variée d’appartements et de quelques chalets au pied des pistes ou dans le village, et surtout par des prix bien inférieurs à ceux des Alpes.

Illustration au Plat d’Adet où les budgets moyens oscillent entre 150 000 et 200 000 euros pour un T3 au pied des pistes. La rentabilité y est bonne, car un studio cabine se loue entre 600 et 650 euros la semaine en hiver et la demande est soutenue, constate-t-elle. Mais attention, les acheteurs recherchent avant tout des biens déjà rénovés, ils sont dans l’achat plaisir. Au cœur du village, plus demandé, les prix grimpent, comme pour ce 55 m² situé dans une copropriété des années 1970, vendu 275 000 euros à une famille de Palois.
Une destination 4 saisons
Même sentiment à l’autre bout de la chaîne, dans les Pyrénées-Orientales à Font-Romeu, Bolquère et les Angles. Le Covid a tout changé, estime même Frédéric Malquier, de l’Agence du Soleil à Font-Romeu. Aujourd’hui, on voit parmi les acheteurs des citadins qui envisagent la montagne comme une destination 4 saisons. Ils viennent skier en hiver, mais aussi parfois télétravailler, prendre l’air en été, car il y fait meilleur que sur les plages bondées et, au passage, faire un peu de location pour rentabiliser leur achat.
+ 16 % en cinq ans à Font-Romeu
D’ailleurs, il l’assure, pour ceux qui mettent leur bien en location (un acheteur sur deux), la rentabilité serait bien meilleure qu’en bord de mer, avec huit à neuf semaines d’occupation contre quatre ou cinq en balnéaire. C’est, selon lui, à Font-Romeu que la demande est la plus soutenue. Selon nos statistiques de la Fnaim, cette station, qui compte 5 574 logements, a enregistré 230 ventes en 2025 et elle est classée dans le top 7 des ventes dans les Pyrénées-Orientales. Nos chiffres font d’ailleurs état d’une hausse des prix de 20,4 % en cinq ans dans ces trois stations. Hausse également pointée par l’observatoire immobilier SeLoger, qui relève + 21,4 % à Saint-Lary, + 16,5 % aux Angles et à Font-Romeu sur la même période. Le marché des chalets trouve ici son public grâce à des tickets d’entrée raisonnables, entre 400 000 et 500 000 euros pour 70 à 100 m². Exception récente : ce chalet en rondins de bois de 170 m² vendu 650 000 euros à une famille de Toulousains. Sans commune mesure avec le marché alpin.

