Près de quarante ans après leur introduction par le narcotrafiquant Pablo Escobar, les “hippopotames de la cocaïne” vont être abattus pour protéger la biodiversité locale. Le gouvernement colombien justifie ce choix par l’urgence écologique, malgré la colère des militants pour les droits des animaux.
Voilà des dizaines d’années qu’ils errent en maîtres dans le corregimiento de Doradal, situé à proximité de l’hacienda Nápoles (Colombie) : des dizaines d’hippopotames prolifèrent en masse dans cette région, s’attaquant parfois à la population. Les mammifères, introduits dans les années 1980 par le narcotrafiquant Pablo Escobar, vont prochainement être euthanasiés. 80 hippopotames seraient concernés par cette mesure : c’est le ministère de l’Environnement colombien qui a récemment annoncé la nouvelle, expliquant vouloir limiter la propagation de l’espèce.
“Si nous ne faisons pas cela, nous ne pourrons pas contrôler leur population, a déclaré Irene Velez, la ministre colombienne de l’Environnement. Nous devons prendre cette mesure pour préserver nos écosystèmes”. Des mesures avaient pourtant été prises par le gouvernement colombien : l’exécutif avait engagé des opérations de stérilisation coûteuses sur le terrain sur ces 12 dernières années. Il en coûtait en effet 40 millions de pesos colombiens (soit près de 9 500 euros, ndlr) par mammifère. Les mesures engagées par les autorités colombiennes n’avaient par ailleurs donné aucun résultat.
Une décision “cruelle”
De leur côté, plusieurs associations de défense des animaux ont dénoncé une décision “cruelle” : “Les tueries et les massacres ne seront jamais acceptables, déplore Andrea Padilla, sénatrice et militante pour les droits des animaux sur le réseau social X. Ce sont des créatures en bonne santé qui sont victimes de la négligence”.
En pratique, mammifères descendent de quatre hippopotames qui avaient été amenés dans le pays dans les années 1980 par Escobar, alors qu’il construisait un zoo privé à l’Hacienda Nápoles. Le trafiquant de drogue s’était fait construire un immense ranch dans la vallée de la Magdalena, incluant une piste d’atterrissage pour sa résidence de campagne.

