De la fumée après une frappe israélienne à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 18 août 2025. MARIAM DAGGA/AP/SIPA
Les efforts des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis – ont échoué jusque-là à aboutir à un cessez-le-feu durable dans la guerre qui ravage Gaza. Mais une nouvelle proposition de leur part sur une trêve avec Israël dans l’enclave, associée à une libération d’otages retenus dans le territoire palestinien, est actuellement en discussion.
D’un côté, le mouvement islamiste Hamas a annoncé ce lundi 18 août l’avoir accepté alors que l’offensive de représailles israélienne a dépassé le bilan des 60 000 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. De l’autre côté, Israël n’a toujours pas commenté la proposition de trêve ce mardi.
• Que prévoit la proposition de cessez-le-feu ?
La proposition acceptée par le Hamas reprend les grandes lignes d’un précédent plan de l’émissaire américain Steve Witkoff. Selon une source au Jihad islamique, allié du Hamas, le plan prévoit une trêve de soixante jours en échange de la remise de 10 otages vivants et de corps de captifs. « Les otages restants seraient libérés lors d’une deuxième phase, avec des négociations immédiates à suivre pour un accord plus global » visant à mettre fin à la guerre, avec des garanties internationales. D’après Al-Qahera News, le plan prévoit également « le redéploiement » des troupes israéliennes qui contrôlent environ 75 % de la bande de Gaza.
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Deux précédentes trêves, en novembre 2023 et début 2025, avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de la libération de prisonniers palestiniens.
• Quelle est la position israélienne ?
Israël n’a donc toujours pas commenté la proposition de trêve ce mardi. Mais le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait prévenu la semaine dernière qu’il n’accepterait qu’un accord « dans lequel tous les otages seront libérés d’un seul coup et selon nos conditions pour mettre fin à la guerre ». « Le Hamas est sous une pression extrême », a-t-il commenté plus tard selon un communiqué, sans référence explicite au plan de trêve.
Benyamin Netanyahou est par ailleurs soumis à de fortes pressions tant de la part de l’opinion publique, qui craint pour le sort des otages, qu’à l’international avec des appels à mettre fin aux souffrances des Gazaouis. Reste que « la balle est désormais dans le camp israélien », a affirmé le directeur des services de renseignement égyptiens Diaa Rashwan au média d’Etat Al-Qahera News.
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• Quelle est la situation actuelle à Gaza ?
Ces annonces surviennent au moment où l’armée israélienne cherche à prendre le contrôle de la ville de Gaza et les camps de réfugiés voisins, avec l’objectif affiché d’en finir avec le Hamas et de libérer tous les otages. Selon des témoins, les bombardements israéliens se sont récemment poursuivis dans le quartier de Zeitoun à Gaza-ville. Une colonne d’une dizaine de blindés israéliens, avec des bulldozers, s’est positionnée à côté d’une école dans un autre quartier, Al-Sabra, d’après eux.
Depuis le début de la guerre, Israël assiège à Gaza plus de deux millions de Palestiniens menacés de famine selon l’ONU. Israël rejette les accusations de famine délibérée et affirme autoriser l’entrée de davantage d’aides. Selon des responsables humanitaires sur place et des chauffeurs, seuls quelques camions ont été autorisés par Israël à entrer dans Gaza et l’acheminement des produits de première nécessité reste extrêmement lent.