Des pétroliers ancrés dans le détroit d’Ormuz, au large des côtes de l’île de Qeshm, en Iran, le 18 avril 2026. ASGHAR BESHARATI/AP/SIPA
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L’Iran verrouille à nouveau ce dimanche 19 avril le détroit stratégique d’Ormuz en représailles à la poursuite du blocus de ses ports par les Etats-Unis, à trois jours de l’expiration du cessez-le-feu entre les deux pays et alors que Téhéran juge un accord de paix encore lointain.
• L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz
L’Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de rouvrir cette voie maritime par laquelle transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
Peu après cette annonce, au moins trois navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit ont essuyé des tirs. « Toute tentative d’approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une coopération avec l’ennemi et le navire contrevenant sera pris pour cible », ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran.
Après plus d’un mois d’une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et gravement perturbé l’économie mondiale, l’annonce de la réouverture du détroit vendredi avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole. Le nouveau durcissement, qui risque de provoquer de nouveaux remous sur les marchés mondiaux lorsqu’ils rouvriront lundi. « Ils jouent au plus malin », a réagi samedi le président américain Donald Trump, dénonçant un « chantage ». « Ils ne peuvent pas nous faire chanter », a-t-il tempêté.
Ce dimanche, l’Iran a réaffirmé que le blocus naval américain constituait « non seulement une violation du cessez-le-feu », mais également « un acte illégal et criminel ». « En infligeant délibérément une punition collective à la population iranienne, il équivaut à un crime de guerre et à un crime contre l’humanité », a ajouté sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
• Trump va envoyer une délégation américaine au Pakistan lundi
Le président Donald Trump a annoncé dimanche qu’une délégation américaine serait au Pakistan lundi pour relancer les négociations avec l’Iran, tout en menaçant de détruire les infrastructures de ce pays en cas d’échec des pourparlers. Un peu plus tard dans la journée, la Maison-Blanche a précisé que le vice-président JD Vance mènerait cette délégation.
Dans un message sur le réseau Truth Social, Donald Trump a également accusé Téhéran d’avoir violé le cessez-le-feu, qui expire dans trois jours, en lançant des attaques samedi dans le détroit d’Ormuz.
Le président américain a écrit qu’il offrait à l’Iran un « deal raisonnable » et qu’en cas de refus de la part de Téhéran, « les Etats-Unis détruiront toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran. FINI DE JOUER LES GENTILS ! ».
Dans son message dimanche, le président américain a déclaré au sujet des centrales électriques et ponts en Iran : « Ils tomberont rapidement, ils tomberont facilement et, s’ils n’acceptent pas le DEAL, ce sera un honneur pour moi de faire ce qui aurait dû être fait à l’Iran par d’autres présidents ces dernières 47 années ».
• Négociations difficiles
Les précédents pourparlers à Islamabad avec une délégation américaine emmenée par le vice-président JD Vance – à un niveau sans précédent entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979 – s’étaient conclus le 12 avril par un échec.
Vendredi, Donald Trump avait vendredi que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un enjeu crucial, ce qu’a démenti Téhéran. Et si le président américain a encore fait état samedi de « très bonnes conversations » avec Téhéran, le son de cloche est, là encore, très différent côté iranien. « Nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat », a déclaré samedi soir le puissant président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait participé aux négociations d’Islamabad face à une délégation américaine emmenée par le vice-président JD Vance. « Nous avons fait des progrès dans les négociations, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens », a-t-il ajouté.
• Un soldat français tué au Liban
Au Liban, l’autre front de la guerre, un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade contre des Casques bleus dans le sud du pays. L’attaque, survenue au lendemain de l’entrée en vigueur d’une trêve de dix jours au Liban, a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a toutefois nié toute implication.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné fermement » l’attaque qui a coûté la vie à un Casque bleu français dans le sud du Liban et en a blessé trois autres. « Il s’agit du troisième incident, en l’espace de quelques semaines, ayant entraîné la mort de Casques bleus » de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a-t-il dénoncé, selon un communiqué de son porte-parole.
• Regain de tensions au Liban
Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir établi une « ligne jaune » de démarcation dans le sud du Liban, comme dans la bande de Gaza, et avoir « éliminé une cellule terroriste » opérant à proximité de ses troupes. Elle a aussi annoncé la mort de deux de ses soldats dans la région depuis le début de la trêve.
« Un cessez-le-feu signifie une cessation complète de toutes les hostilités. Comme nous ne faisons pas confiance à cet ennemi, les combattants de la résistance resteront sur le terrain, le doigt sur la gâchette, et ils répondront aux violations », a déclaré le chef du Hezbollah Naïm Qassem, affirmant qu’une trêve ne pouvait être « unilatérale ».
Dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, de nombreux habitants ont profité de l’accalmie pour revenir inspecter leurs maisons, avant de retourner vivre sous des tentes sur le front de mer, craignant une reprise des frappes israéliennes à tout moment. « J’ai peur de rentrer chez moi parce que la situation est toujours instable », a confié à l’Agence France presse (AFP) Samah Hajoul, une mère de quatre enfants, dans sa maison aux vitres ont été brisées par les bombardements.
• Macron recevra mardi le Premier ministre libanais
Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a indiqué ce dimanche l’Elysée. « Cette visite sera l’occasion pour le chef de l’Etat de rappeler son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu au Liban, le soutien de la France à l’intégrité territoriale du pays et aux actions entreprises par l’Etat libanais pour assurer la souveraineté pleine et entière du pays et le monopole des armes », a souligné la présidence française.
• L’Espagne va demander à l’UE de « rompre » l’accord d’association entre l’UE et Israël
L’Espagne demandera mardi à l’Union européenne de rompre son accord d’association avec Israël considérant que son gouvernement « viole le droit international », a annoncé ce dimanche le Premier ministre Pedro Sánchez.
« Ce mardi, le gouvernement espagnol soumettra à l’Europe une proposition visant à ce que l’Union européenne rompe son accord d’association avec Israël », car un gouvernement « qui viole le droit international […] ne peut être partenaire de l’Union européenne », a fait valoir Pedro Sánchez lors d’un meeting électoral en Andalousie. « C’est aussi simple que cela », a-t-il ajouté.
• Des incendies « antisémites » à Londres selon Starmer, la police étudie un lien avec l’Iran
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est déclaré « choqué » par une série d’incendies criminels à caractère « antisémite » survenus ces dernières semaines à Londres, tandis que la police antiterroriste enquête sur un éventuel lien avec le régime iranien.
Une nouvelle attaque s’est produite dans la nuit de samedi à dimanche, visant cette fois une synagogue, sans faire de blessé. « Alors que le conflit au Moyen-Orient continue », la police « reste vigilante face à la menace d’une agression de l’État iranien au Royaume-Uni », a déclaré lors d’un point presse la commissaire adjointe Vicki Evans. Elle a évoqué la possibilité d’un « recours par le régime iranien à des intermédiaires criminels ».

