April 20, 2026

Cédric Jubillar placé à l’isolement depuis près de 5 ans : "Je n’en peux plus, je suis à bout" Pourquoi l’administration refuse de modifier sa détention

l’essentiel
Placé à l’isolement depuis près de 5 ans, Cédric Jubillar a fait savoir qu’il voulait en sortir, se plaignant de ses conditions de détention. L’administration pénitentiaire évoque des impératifs de sécurité le concernant.

Depuis le 18 juin 2021, Cédric Jubillar est placé à l’isolement à la maison d’arrêt de Seysses. Un régime carcéral très strict qui ne lui permet pas de côtoyer physiquement d’autres détenus. Les promenades en journée sont encadrées par des surveillants et le peintre plaquiste occupe son temps, entre télé, lecture ou correspondances occasionnelles dans sa cellule de 8 mètres carrés. “Je n’ai jamais vu un type aussi dégradé en détention, il est exténué, je ne peux pas préparer sa défense dans ses conditions car je ne peux pas échanger normalement avec lui”, a fait savoir à l’administration pénitentiaire, en février dernier, Pierre Debuisson, l’un de ses avocats qui se rend régulièrement au parloir de la maison d’arrêt pour le rencontrer.

“Je n’en peux plus, je suis à bout, je n’arrive pas à dormir”, se plaint, de son côté, Cédric Jubillar qui évoque le bruit incessant des autres détenus, les hurlements, les coups contre les murs, la lumière toute la nuit dans la coursive… Selon nos informations, il est décrit comme quelqu’un de “quasi dépressif”.

“Garantir la sécurité de Cédric Jubillar”

Pour l’administration pénitentiaire, ce régime carcéral est le seul pouvant lui garantir sa propre sécurité. La forte médiatisation de son affaire et les nombreuses publications et reportages télévisés sur “l’affaire Jubillar” incite l’administration a redoublé de vigilance. Elle indique aussi vouloir “tout mettre en oeuvre pour garantir [votre] sécurité et éviter autant que faire se peut le poids de la détention classique“.

Une procédure administrative peut être engagée par les conseils de Cédric Jubillar pour obtenir une sortie du quartier isolement. Jusqu’à présent, l’administration pénitentiaire a émis une “proposition de prolongation” de ce régime motivée par de multiples raisons, dont celles liées à la sécurité du détenu. Face à ce blocage et en signe de contestation, le nouvel avocat de Cédric Jubillar n’a pas assisté aux dernières réunions préparatoires, à la cour d’appel de Toulouse, en vue du prochain procès qui doit s’ouvrir, à Toulouse, devant la cour d’assises, le 21 septembre 2026.

source

TAGS: