Condamné à Nairobi, un ressortissant chinois a tenté de quitter le Kenya avec plus de 2 200 fourmis vivantes dans ses bagages. Une affaire loin d’être isolée, qui illustre la fermeté des autorités face à un trafic discret mais en pleine expansion.
À première vue, l’affaire peut prêter à sourire. Elle a pourtant conduit à une condamnation ferme. Un tribunal kényan a infligé à un ressortissant chinois une amende d’un million de shillings (environ 7 700 dollars) assortie d’une peine de douze mois de prison pour avoir tenté de faire sortir illégalement du pays plus de 2 200 fourmis vivantes, rapporte Reuters.
Chinese national Zhang Kequn was arrested last month at Nairobi’s main international airport with more than 2,200 live garden ants in his luggage.
Zhang’s lawyer said he would appeal against his sentence pic.twitter.com/H1b9BMJlaz
— Sky News (@SkyNews) April 16, 2026
Arrêté en mars 2026 à l’aéroport international de Nairobi, Zhang Kequn transportait ces insectes dans ses bagages. Initialement plaidant non coupable, il a finalement reconnu les faits, même si son avocat a annoncé son intention de faire appel.
Une tendance aux “formicariums” en Chine
La magistrate Irene Gichobi a justifié une sanction exemplaire. “Face à l’augmentation des cas de trafic de grandes quantités de fourmis et aux effets écologiques négatifs d’une collecte massive, une dissuasion ferme est nécessaire”, a-t-elle déclaré. Les autorités évoquent en effet une multiplication récente de ces affaires.
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Derrière ce trafic se cache un marché de niche, notamment en Asie, où des collectionneurs investissent des sommes importantes pour observer des colonies dans des “formicariums”, des structures transparentes permettant d’étudier leur organisation sociale.
Chinese national Zhang Kequn was arrested at Nairobi’s main airport with more than 2,200 live garden ants in his luggage, as Kenyan authorities report a rise in insect smuggling cases. We are removing an earlier video with the incorrect date https://t.co/XbF4fLye2y pic.twitter.com/GNAWtVuudq
— Reuters (@Reuters) March 13, 2026
L’enquête a également conduit à l’inculpation d’un Kényan, accusé d’avoir fourni les fourmis. Il a plaidé non coupable et a été libéré sous caution.
“Il est temps d’enrayer cette tendance”
Ce dossier s’inscrit dans une série de condamnations similaires. En 2025, quatre hommes – deux Belges, un Vietnamien et un Kényan – avaient été condamnés à une peine équivalente pour avoir tenté d’exporter des milliers de reines fourmis. “Collecter quelques fourmis peut relever du hobby, mais en posséder 5 000 dépasse ce cadre”, avait alors souligné la magistrate Njeri Thuku.
Les autorités kényanes voient dans ces affaires un glissement du braconnage traditionnel vers des espèces moins visibles. “Le monde a déjà perdu de nombreuses espèces en partie à cause de la cupidité. Il est temps d’enrayer cette tendance”, avait insisté la juge.
Le Kenya, signataire de traités internationaux sur la biodiversité, applique une politique de tolérance zéro. Le Kenya Wildlife Service rappelle que même les plus petites espèces jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. “Les trafiquants sous-estiment souvent leur valeur écologique, mais leur rôle est irremplaçable”, souligne l’agence.

