L’armée israélienne au sud du Liban, le 15 avril 2026. JACK GUEZ / AFP
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Au lendemain d’un accord à Washington pour entamer des négociations directes en vue d’une paix durable, le Liban a été visé par de nombreuses frappes israéliennes ce mercredi 15 avril.
• Des frappes israéliennes au sud du Liban
Israël a appelé les habitants du sud du Liban, où ses frappes se succèdent, à évacuer une vaste zone entre la frontière et le fleuve Zahrani, à plus de 40 km plus au nord. Selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), deux frappes israéliennes avaient plus tôt visé tour à tour deux voitures sur l’autoroute reliant Beyrouth au sud, à une vingtaine de kilomètres au sud de la capitale. L’une a visé une voiture au niveau de Jiyeh et l’autre a touché une camionnette dans le secteur voisin de Saadiyat, qui ne sont pas des fiefs du Hezbollah, selon l’agence.
Un photographe de l’AFP a vu une voiture calcinée et des pompiers s’activer à éteindre le feu. Des secouristes récupéraient des restes humains dans les décombres du véhicule et dans ses environs, tandis que l’armée établissait un cordon de sécurité, provoquant un embouteillage monstre sur cette artère.
« Au cours des dernières 24 heures, l’armée israélienne a frappé plus de 200 sites d’infrastructures terroristes du Hezbollah dans le sud du Liban », a indiqué Tsahal, précisant que parmi ces cibles figuraient « des terroristes, des structures militaires et environ 20 lanceurs (de roquettes) ».
La formation pro-iranienne Hezbollah a affirmé par la voix de l’un de ses députés, Hassan Fadlallah, que ses combattants « empêchaient les soldats de l’ennemi de prendre le contrôle » de Bint Jbeil, ville à près de cinq kilomètres de la frontière où des affrontements sont en cours.
• Des roquettes envoyées par le Hezbollah sur Israël
Le Hezbollah pro-iranien a, lui, tiré une trentaine de roquettes sur Israël mercredi matin, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée israélienne.
La formation islamiste a revendiqué dans des communiqués plusieurs tirs de roquettes sur des localités du nord d’Israël, proches de la frontière.
• Négociations à Washington
Mardi soir, des discussions directes à Washington, les premières en plus de 30 ans, se sont tenues entre le Liban et Israël. Les deux pays vont entamer des négociations directes afin d’instaurer une paix durable, selon le département d’Etat américain, qui accueillait la rencontre, mais un cessez-le-feu n’a pas été annoncé.
« Toutes les parties sont convenues d’entamer des négociations directes à une date et en un lieu qui restent à fixer d’un commun accord », a expliqué le département d’Etat américain dans un communiqué.
« Nous avons découvert aujourd’hui que nous (Israël et le Liban, NDLR) sommes du même côté », a déclaré l’ambassadeur israélien à des journalistes. « Nous sommes tous deux unis dans notre volonté de libérer le Liban » du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, a-t-il ajouté. Son homologue libanaise a qualifié cette « réunion préparatoire » de « constructive » et « appelé à un cessez-le-feu » entre Israël et le Hezbollah.
Ce dernier, grand absent de la rencontre, a qualifié ces discussions de « capitulation ».
• Un appel du HCR pour les Libanais
Ce mercredi, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Barham Saleh, a appelé la communauté internationale à apporter un soutien urgent au Liban, dont un cinquième de la population est déplacée en raison de la guerre.
« Les conséquences humanitaires de cette guerre sont immenses, et j’insiste sur la nécessité d’épargner les civils et l’infrastructure civile […] des attaques », a déclaré le responsable onusien, en visite au Liban depuis mardi. « Le Liban ne mérite pas d’être prisonnier d’un cycle récurrent de violence, il mérite le soutien et la stabilité », a-t-il ajouté.
Les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus d’un million de déplacés, soit un cinquième de la population libanaise. Parmi eux, plus de 140 000 sont dans des centres d’accueil aménagés par l’Etat.

