April 15, 2026

"Il m’a sauté dessus comme une bête sauvage" : une ancienne Miss accuse Donald Trump d’agression sexuelle et prépare une action en justice 33 ans après les faits

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Après avoir gardé le secret pendant 33 ans, une ancienne Miss Suisse accuse Donald Trump d’agression sexuelle. Elle souhaite aujourd’hui porter cette affaire devant les tribunaux américains.

Béatrice Keul, 54 ans, Zurichoise, ancienne finaliste de Miss Suisse et Miss Europe, accuse Donald Trump de l’avoir agressée sexuellement lors d’un concours de beauté à New York en 1993. Depuis 2024, date à laquelle elle a brisé le silence dans les colonnes du Daily Mail, la quinquagénaire réclame justice et souhaite voir le président des États-Unis jugé dans cette affaire.

Du haut de son mètre quatre-vingt-cinq et de sa silhouette élancée, Béatrice Keul est vite remarquée. “Tout le monde me disait que je devais faire ça”, raconte-t-elle dans les colonnes de Ouest-France. En 1992 et 1993, elle participe aux concours de Miss Suisse, puis Miss Europe et continue de travailler dans une banque.

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“Il y avait beaucoup d’hommes”

C’est en novembre 1993, après avoir participé à Miss Europe, que sa vie bascule. Repérée par Donald Trump, elle reçoit alors une lettre écrite de sa main, qui l’invite au concours qu’il organise : “Donald J. Trump American Dream Beauty Pageant”, à New York. “Une chance unique” pour la jeune femme qui n’aura rien à débourser pour ce voyage, le billet d’avion et l’hôtel sont pris en charge.

Habituée des concours de beauté, Béatrice Keul trouve que quelque chose ne va pas. “Il y avait beaucoup d’hommes autour de ce concours. Beaucoup trop”, explique-t-elle. Et pour cause, la jeune femme le comprendra plus tard, cet événement n’était pas organisé par des professionnels du mannequinat mais par trois hommes : Donald Trump, Jeffrey Epstein et Georges Houraney, une figure influente de l’époque.

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“Si tu te tais, je prendrai soin de toi”

Approchée par Jeffrey Epstein, l’homme d’affaires lui propose “monts et merveilles”, mais Béatrice Keul refuse. Elle est finalement invitée à rejoindre Donald Trump dans sa suite après avoir échangé peu de temps avant avec lui. La jeune femme ne se méfie pas. “Quand je suis entrée, il m’a sauté dessus comme une bête sauvage. Je n’ai pas eu le temps de me retourner. Il m’a touchée partout. Il utilisait la force. Il n’y avait plus de conversation, plus rien. Il n’y avait que de la brutalité”, raconte-t-elle.

Une agression “brutale”, à tel point que sa robe est déchirée. Quand Donald Trump s’arrête, il lui explique que de “mauvaises choses” lui arriveront si elle parle. Il lui propose alors un deal : “si tu te tais, je prendrai soin de toi”. Une proposition qu’elle accepte de peur que son passeport ne lui soit pas rendu. À son arrivée, elle et les autres participantes du concours avaient vu leurs passeports confisqués par l’organisation.

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Celle qui était arrivée pleine d’espoir à New York est repartie brisée en pleurs dans les bras d’une hôtesse de l’air. Après avoir passé près de 33 ans à se taire, Béatrice Keul ne veut plus se taire. Elle collabore aujourd’hui avec des avocats américains sur une procédure législative qui permet, dans plusieurs États américains, de porter plainte rétroactivement pour des faits de violences sexuelles, quels que soient les délais de prescription. Depuis les années 1970, 28 femmes accusent le président américain d’agression sexuelle ou de viol.

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