April 9, 2026

"Ce n’est pas une pénurie" : les raisons qui expliquent les tensions sur les œufs vendus en Haute-Garonne et quelles sont les solutions de la filière d’ici 2027

l’essentiel
Alors que les rayons d’œufs se vident régulièrement dans les grandes surfaces, la filière avicole appelle à relativiser. Entre la hausse de la consommation et la transformation des élevages, les tensions existent, mais ne traduisent pas une véritable pénurie. Entretien avec Loïc Thomas, président du Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (SNIPO). 

Quelle est la situation actuelle de la production ?

On est sur le même constat partout, que ce soit au niveau national ou en Occitanie. La demande est plus forte, donc forcément, ça se ressent. La consommation augmente et ça met le marché sous tension. On a eu une hausse d’environ 15 % des ventes ces dernières années, et ça, on ne l’avait pas forcément anticipé.

Pourquoi ces tensions et comment la filière s’adapte-t-elle ?

Aujourd’hui, les producteurs sont en pleine transition. On sort progressivement des élevages en cage pour aller vers des systèmes plus respectueux, comme le plein air. Le problème, c’est que pendant ces transformations, les bâtiments sont vides. Donc mécaniquement, on produit moins. On estime qu’on va perdre entre 10 et 15 % de production sur les prochaines années à cause de ça. Mais la filière s’adapte. On prévoit déjà une hausse d’environ 5 % de la production d’ici la fin de l’année. Et derrière, il y a un vrai plan de souveraineté alimentaire, avec un objectif de retrouver un meilleur équilibre autour de 2027. Après, il faut aussi rappeler que la filière reste fragile. En France, on est sur des élevages familiaux, avec un maximum de 30 000 poules par bâtiment. Si on ajoute trop de contraintes, notamment administratives, ça peut freiner la production. En Occitanie, ça avance plutôt correctement, mais il faut continuer à accompagner les producteurs.

Quels conseils pour éviter les ruptures en magasin ?

Il faut déjà dire une chose : ce n’est pas une pénurie. Le mot est un peu exagéré. Il y a des moments où les rayons sont moins remplis, à certaines heures ou certains jours, mais les œufs sont là. Ce qui joue beaucoup, c’est le comportement des consommateurs. On voit des gens qui prennent deux ou trois boîtes “au cas où”, et ça, ça accentue les tensions. Le mieux, c’est de rester sur une consommation normale. Si tout le monde fait ça, il n’y a pas de raison qu’il y ait un manque.

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