Une station-service Esso à Nice, le 5 avril 2026. SYSPEO/SIPA / SYSPEO/SIPA
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Bonne nouvelle pour les automobilistes ? Après l’annonce ce mercredi 8 avril d’un accord de cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l’Iran, et la réouverture du détroit d’Ormuz, les prix des carburants pourraient baisser.
Une baisse plus qu’attendue par les usagers, alors que le prix des carburants n’a cessé de grimper depuis le début de l’embrasement au Moyen-Orient le 28 février, et dépasse désormais les 2 euros le litre.
• Une possible baisse de « 5 à 10 centimes »
Les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » le litre « très rapidement », a estimé ce mercredi matin le président de l’Union française des Industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois. « Les marchés pétroliers ont réagi très rapidement » à cette annonce, avec une baisse du prix du pétrole brut « d’environ quinze dollars » dans la nuit, qui pourrait se répercuter dans les stations-service d’ici « un ou deux jours », a estimé Olivier Gantois.
Cette projection est faite sous réserve que le cours du pétrole brut « se stabilise » autour de son niveau actuel, autour de 93 à 95 dollars le baril, rappelle le président de l’Ufip.
• Le gouvernement attentif à ce que les prix baissent
Interrogé à l’Assemblée ce mercredi après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a voulu rassurer sur les pénuries que connaissent « ici ou là » certaines stations-service. Et attend de voir une baisse des prix à la pompe « à partir de la fin du week-end/début de semaine prochaine ». Le gouvernement réunira par ailleurs jeudi, à Bercy, l’ensemble des acteurs de la filière.
Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu avait assuré que « quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu’ils sont montés. Le gouvernement y veillera ». « Personne en France ne doit profiter de cette crise, ni hier ni demain », a-t-il ajouté.
• Jusqu’à 65 centimes plus cher qu’avant la guerre
Depuis le début de la guerre, le prix des carburants dans les stations-service n’a cessé d’augmenter et dépasse désormais largement les 2 euros par litre.
Le gazole, le carburant le plus consommé en France, se vend mercredi en moyenne à 2,37 euros le litre en France, d’après un calcul de l’AFP sur les prix remontés par les stations-service à un site gouvernemental. C’est 65 centimes le litre de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. Le SP95-E10, essence la plus répandue, se vend en moyenne à 2,02 euros le litre, soit 30 centimes de plus que le 27 février.
En réponse à la flambée des prix, le géant des hydrocarbures TotalEnergies a annoncé mardi prolongé son plafonnement des prix du carburant en France en avril, tout en remontant le plafond du litre de gazole à 2,25 euros et en laissant celui de l’essence à 1,99 euro le litre.
• Un « soulagement prudent »
Invité de la matinale de TF1, le PDF de Coopérative U Dominique Schelder a affirmé qu’« il y aura des baisses de prix dans les stations dans les prochains jours » mais « il faut voir maintenant comment le marché va se stabiliser ».
S’il a tenté de rassurer en affirmant qu’il n’y avait aucun problème de stock concernant les stations-service U, il a également souligné que cela « ira au gré du renouvellement des cuves et des stocks ». Un « soulagement prudent » pour Dominique Schelder : « Il y a plein de si. »

