Pris pour un trafiquant recherché, un père de famille originaire de Toulouse a vécu sept heures d’angoisse lors d’une croisière en Méditerranée à cause d’une incroyable erreur.
Promise par un grand nom de la croisière, la semaine de rêve a viré au cauchemar pour Amir (prénom modifié) et sa famille. Parti avec sa femme, leurs trois jeunes enfants et treize proches pour célébrer l’anniversaire de sa belle-sœur, ce Toulousain de 44 ans a failli se retrouver en prison.
Parti de Marseille le 1er mars et, après une escale à Barcelone, le paquebot se dirige vers la Tunisie. Mais son itinéraire change brusquement — officiellement pour des raisons météorologiques — et le bateau met le cap sur Naples. Le 5 mars au matin, lors de l’escale prévue à Palerme (Sicile), Amir regagne sa cabine après le petit-déjeuner, tandis que sa famille part en excursion. Devant sa porte, des policiers l’attendent. “Je demande ce qu’il se passe et, après avoir vérifié mon identité, un commissaire m’annonce que je suis en état d’arrestation”, raconte-t-il.
À lire aussi :
Ils embarquent pour une croisière dans les Caraïbes, les passagers tombent gravement malades à cause d’une gastro-entérite
Entièrement nu, il subit une fouille corporelle
Les policiers lui présentent un jugement de 2019 pour des faits de détention de stupéfiants remontant à 2014. L’homme visé par un mandat d’arrêt européen est un Franco-Tunisien de même nom, prénom et date de naissance qu’Amir. Malgré ses explications — il est Français d’origine algérienne, né à Villeneuve-sur-Lot et non à Paris comme l’individu recherché —, les policiers restent inflexibles. Sa cabine est fouillée de fond en comble et, complètement nu, il doit subir une fouille corporelle. “Ils m’ont demandé de me pencher en avant et de tousser”, raconte-t-il, encore sous le choc. Menotté, il est escorté hors du bateau sous les regards des passagers, puis conduit au commissariat du port. “Je les voyais comparer nos photos et échanger entre eux. L’interprète ne traduisait pas tout et je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Puis ils m’ont demandé d’appeler ma femme pour lui dire qu’ils m’emmenaient en prison. C’est là que je me suis effondré”, confie Amir.
Libéré sept heures après son arrestation
Transféré dans les locaux de la police scientifique, ses empreintes digitales et palmaires sont relevées. Atteint de narcolepsie avec cataplexie sévère, il fait une crise pendant sa garde à vue et assure n’avoir vu ni médecin ni avocat durant ces heures de détresse.
À lire aussi :
Sans permis depuis sept ans, il usurpe l’identité de son propre frère pour tromper les gendarmes
Ce n’est qu’en milieu d’après-midi, soit sept heures après son interpellation, que les policiers reconnaissent leur erreur grâce aux analyses d’empreintes et lui retirent les menottes. Une grave méprise traitée avec légèreté, selon le père de famille, qui lâche : “Ils m’ont même proposé de m’inviter au restaurant !”. Ramené sur le navire, Amir affirme n’avoir bénéficié d’aucune explication claire ni d’aucun soutien de la part des responsables de l’expédition. Le bateau a continué son périple sans avoir accosté en Tunisie, un changement que le Toulousain attribue à la crainte des autorités italiennes de voir le fugitif quitter le territoire européen.
Un père de famille en quête de réponses
Très marqué par cet épisode, Amir a été hospitalisé à son retour en France en raison de l’aggravation de ses troubles neurologiques. Aujourd’hui, il cherche des réponses. Il a écrit au voyagiste, au croisiériste et aux autorités italiennes pour obtenir des explications, les documents relatifs à son arrestation et la reconnaissance du préjudice subi.

