S’abonner pour lire
Elles sont quatre générations de femmes. La plus jeune, Ranime, 17 ans, en est à sa deuxième guerre. Haïra, la mère de Ranime, venue au monde en 1987, était à peine plus âgée que sa fille lors de la guerre de 2006. Simone, la grand-mère née en 1965, a passé son enfance et son adolescence pendant la guerre civile libanaise (1975-1990). Et puis, il y a Violette, 90 ans, l’arrière-grand-mère de la jeune fille. Violette a vu le jour en 1936 de l’autre côté de la frontière, à Nazareth, sous le mandat britannique. C’est une Palestinienne chrétienne. Elle se remet d’une attaque cérébrale survenue en 2025 – « elle a vécu trop de guerres », soupire Haïra. Sa mémoire est parfois brouillée, même si des mots de français lui reviennent soudain quand elle nous serre la main avec un grand sourire : « Bienvenue chez nous ! » Un « Bienvenue » poignant.
Nous sommes à Beyrouth, dans un appartement où les valises ne sont pas encore défaites. Tout le clan, une nouvelle fois forcé d’évacuer le Sud-Liban, s’y est regroupé. Vingt personnes en tout. Ranime : « En 2024 [lors de la précédente guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, NDLR], c’était pire.…
Article réservé aux abonnés.
Se connecter
Offre spéciale
Tous nos contenus exclusifs en accès illimité
ou

