Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et Israël doit durer deux semaines. ATTA KENARE / AFP
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L’horizon d’une guerre totale s’écarte pour le moment. Un accord de dernière minute, annoncé un peu plus d’une heure avant la fin de l’ultimatum fixé par Donald Trump, éloigne au 40e jour de la guerre au Moyen-Orient la menace agitée par le président américain de détruire la République islamique. Dans la nuit de mardi à ce mercredi 8 avril, un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu entre Washington et Téhéran, en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
• Un cessez-le-feu de deux semaines
Téhéran a accepté « l’OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz », a déclaré Donald Trump dans un message publié sur son réseau Truth Social, précisant que l’accord de cessez-le-feu avait été conclu après s’être entretenu avec des dirigeants au Pakistan, pays médiateur dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février.
« Il s’agira d’un CESSEZ-LE-FEU réciproque ! », a ajouté le président américain selon qui les Etats-Unis « ont déjà atteint et dépassé tous nos objectifs militaires » depuis le lancement des frappes.
L’ultimatum lancé par Donald Trump donnait à l’Iran jusqu’à minuit heure locale pour rouvrir le passage maritime stratégique, où transitait avant la guerre 20 % du pétrole brut mondial.
De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir « pendant une période de deux semaines » le détroit d’Ormuz « si les attaques contre l’Iran cessent », a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Des pourparlers se dérouleront au Pakistan à partir de vendredi entre Washington et Téhéran, après cinq semaines de frappes israélo-américaines sur l’Iran.
• Vers une décongestion du détroit d’Ormuz
« Les Etats-Unis d’Amérique vont aider à désengorger le trafic dans le détroit d’Ormuz », voie cruciale par laquelle transite en temps normal environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Quelques heures plus tôt, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré que franchir le détroit en toute sécurité serait possible « via une coordination avec les forces armées iraniennes et en tenant compte des contraintes techniques ».
Dans son message sur Truth Social, le président américain a assuré que les Etats-Unis allaient « faire le plein de provisions en tout genre et juste “traîner dans le coin” pour s’assurer que tout se passe bien ».
Un ton positif, contrastant fortement avec ses menaces précédentes. « Tout comme ce que nous vivons aux Etats-Unis, cela pourrait être l’âge d’or du Moyen-Orient ! ! ! », s’est enthousiasmé le président américain.
• Un cessez-le-feu qui « n’inclut pas le Liban »
Israël a affirmé mercredi soutenir la décision du président américain Donald Trump de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu qui prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz.
Mais dans la foulée de cette annonce, le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a indiqué que l’accord de cessez-le-feu « n’inclut pas le Liban », où l’Etat hébreu combat le mouvement pro-iranien Hezbollah. Depuis le 2 mars, le bilan des frappes israéliennes dépasse les 1 500 morts.
Une déclaration qui contredit une annonce faire plus tôt par le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif, médiateur dans le conflit, qui a affirmé que le cessez-le-feu s’appliquait « partout, y compris au Liban et ailleurs ».
• Un plan « en dix points » pour la paix
Dans le cadre du cessez-le-feu prévu pour deux semaines, Donald Trump a fait part de discussions « très avancées » en vue d’un accord de paix « à long terme » avec l’Iran, qui a transmis « une proposition en 10 points » qui « constitue une base viable pour négocier ».
Il pourrait servir de base à d’éventuelles négociations plus tard cette semaine, mais comporte plusieurs points de blocage que Washington a jugé irréalisables par le passé. Le plan exigerait « le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, l’acceptation de l’enrichissement, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires », selon un communiqué publié par la République islamique.
Parmi les autres exigences : le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, la fin des attaques contre l’Iran et ses alliés, la libération des avoirs iraniens gelés et une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU rendant l’accord contraignant.
Joint par l’AFP au téléphone, le président américain a déclaré mardi que pour Washington, la victoire était « totale et complète ». « Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il dit après l’annonce de l’accord. Il n’a néanmoins pas voulu dire s’il réitérerait ses menaces initiales de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens si l’accord venait à échouer. « Vous allez devoir attendre de voir », a déclaré Donald Trump.
Mais le président américain a affirmé que la question de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée ». Ce sujet est un point clé du conflit, que Washington affirme mener pour s’assurer que l’Iran ne puisse pas développer d’arme nucléaire.
• Le prix du pétrole plonge
L’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran a provoqué une importante chute des cours du pétrole, qui ont rapidement baissé de près de 18 %, repassant sous la barre des 100 dollars le baril.
La décongestion du détroit pourrait apporter un soulagement temporaire aux pays qui dépendent des importations de pétrole, alors que les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz étaient sous pression depuis que l’Iran avait, de fait, fermé le passage.

