Dès septembre 2026, toutes les entreprises, grandes ou petites, devront adopter un nouveau système de facturation numérique. Quelles seront les conséquences pour les professionnels gersois ?
En septembre, la facturation change. Artisans, commerçants, autoentrepreneurs : tous les professionnels gersois vont devoir modifier leurs habitudes, qu’ils le veuillent ou non. Explications avec la directrice générale des finances publiques (DGFIP) du Gers, Catherine Perinetti.
Qu’est-ce que la facturation électronique ?
Fini les factures par mail en PDF. La facturation électronique est un document numérique transmis via des plateformes agréées, homologuées et labellisées par l’État. “Les factures, reçues ou envoyées, sont transmises directement à l’administration fiscale qui peut les lire et les traiter automatiquement.”
Quel changement pour la TVA ?
Aucun. “Il s’agit seulement d’une évolution de la transmission des données. Le suivi en temps réel des entreprises assure un pilotage plus fin des alertes économiques.”
Quel intérêt ?
“Outre le fait qu’elle améliore la concurrence, la facturation électronique permet de traquer les fraudes, de réduire les erreurs et le coût du traitement de la TVA. Pour l’entreprise, le coût serait de cinq à dix fois inférieur.”
Autre avantage : l’archivage. Désormais, toute la facturation est stockée à un seul endroit.
“Le gain de productivité pour les entreprises est évalué à 4 à 5 milliards d’euros. L’État, lui, estime à 2 à 3 milliards d’euros le retour immédiat.”
Qui est concerné, et à partir de quand ?
Les 43 699 entreprises immatriculées dans le Gers sont concernées, sans exception. Mais tout le monde n’a pas les mêmes obligations, ni les mêmes délais. Le calendrier se déroule en deux temps. Dès le 1er septembre 2026, toute entreprise devra être capable de recevoir des factures électroniques de la part de ses fournisseurs. Il faudra donc avoir choisi sa plateforme agréée avant cette date. “Cela concerne aussi les 13 668 autoentrepreneurs et microentreprises du département, tout comme les 2 720 entreprises agricoles.”
Au 1er septembre 2027, l’obligation s’étendra à l’émission : il faudra également envoyer ses propres factures dans ce format numérique. Les entreprises de taille intermédiaire, elles, devront être entièrement conformes dès 2026.
Des outils à adopter
Plombier, coiffeur, graphiste ou épicier, vous allez devoir vous équiper d’un logiciel adapté à votre activité. Ce logiciel fera le lien avec les plateformes agréées. De nombreuses solutions existent sur le marché, gratuites ou non.
Les banques proposent également des services dédiés. “Il faudra choisir la solution en fonction de son activité et selon le volume de factures. À compter de septembre, les factures arriveront par ce biais, il faut donc anticiper.”
Et si je n’ai que des clients particuliers ?
C’est le cas de nombreux artisans, commerçants ou prestataires de services. Un électricien qui ne travaille qu’auprès de particuliers, une esthéticienne, un coach sportif indépendant… Bonne nouvelle pour eux : ils ne seront pas tenus d’envoyer ni de recevoir des factures électroniques auprès de leurs clients.
En revanche, ils devront tout de même transmettre régulièrement à l’administration fiscale un résumé de leurs recettes : montants journaliers, taux de TVA appliqués, etc. Ce dispositif s’appelle l’e-reporting. Il ne s’agit pas d’envoyer des factures individuelles, mais un relevé périodique des transactions, tous les mois ou tous les deux mois selon le régime fiscal.
Où se renseigner ?
“Les banques, les cabinets d’experts-comptables du Gers ont déjà anticipé ces mesures. Beaucoup d’entreprises, en réalité, sont déjà prêtes… sans le savoir, ou à l’occasion d’une évolution de logiciels de comptabilité.” La DGFIP insiste sur l’importance de prendre ses renseignements sur impots.gouv.fr. Des réunions seront également organisées.
Quels risques si on ne s’y prépare pas ?
Ne pas respecter ces nouvelles règles peut coûter cher. Les entreprises qui ne seront pas équipées d’une plateforme agréée à temps s’exposeront à des amendes (500 €, ou 1 000 € en cas de récidive). Elles risquent aussi de ne plus pouvoir déduire la TVA de leurs achats professionnels.
Le message est donc clair : mieux vaut anticiper. Prendre le temps de s’y intéresser maintenant, c’est éviter une mauvaise surprise à la rentrée 2026.

