Le capitaine Thomas a connu, en 2025, sa première saison estivale au sein de la patrouille de France. Originaire de Septfonds, la patrie de Dieudonné Costes, le Tarn-et-Garonnais a réalisé son rêve en prenant place dans le cockpit d’un AlphaJet siglé du drapeau tricolore.
Les Champs-Élysées un jour de 14-Juillet, le salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget en juin, les plages du Barcarès ou de Gruissan au cœur de l’été…
En cette année 2025, le capitaine Thomas a connu ce qu’il nomme lui-même “l’aboutissement d’un rêve” : celui de prendre place à l’intérieur du cockpit de l’un des 8 AlphaJet de la Patrouille de France (PAF) pour survoler, pendant un an, des lieux emblématiques de l’Hexagone et au-delà.
“L’apogée d’une carrière”
“Quand je me suis engagé dans l’Armée de l’Air et de l’Espace, en 2005, c’était évidemment un but. Mais on a l’impression que c’est impossible. C’est l’apogée de toute une carrière que j’ai construite pour parvenir à cela. Cela demande énormément de travail. Et c’est, en même temps, seulement le début du chemin, d’une aventure humaine formidable”, débute-t-il.
Il vit sa première mission en tant que “spectateur embarqué” lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024. “Ça donne un avant-goût de ce que l’on devra faire. C’est une pression différente de lorsqu’on est aux commandes. Mais on voit déjà la rigueur et l’exigence que demande une telle mission d’élite. Ça nous projette tout de suite dans ce qu’on attend de nous pour la saison”, détaille Thomas.
Aux commandes d’un AlphaJet
Pour être opérationnel, juste après avoir été sélectionné, six mois de préparation sont nécessaires d’octobre à mai, pendant la saison hivernale. “C’est un peu la phase cachée de la Patrouille de France. Les journées sont hyper intensives. On fait 1h30 de sport par jour en plus des 10 vols d’entraînement hebdomadaires. Cela permet aussi de renforcer les liens avec les 80 personnes qui travaillent à la PAF, avec la direction, les mécaniciens, les agents d’opération, les secrétaires, les chargés de communication, les photographes… C’est une véritable aventure humaine”, insiste Thomas.
Il y retrouve un AlphaJet dans lequel il fut formé pendant 4 ans (2005-2009) avant de nombreuses missions sur Mirage 2000 ou sur Rafale (Afghanistan, Mali et Moyen-Orient) au cours de ses affectations (Nancy, Tours, Saint-Dizier et Cazaux).
Une première année comme intérieur droit
“Aux commandes d’un avion de chasse opérationnel tel que le Mirage 2000 ou le Rafale, les sensations ont dépassé tout ce que j’imaginais. Ce sont des avions supersoniques qui peuvent être ravitaillés en vol. 15 ans plus tard, retrouver les commandes de l’avion sur lequel j’ai été formé est un véritable plaisir. Les sensations restent différentes de celles ressenties sur un avion de combat mais l’exigence et le défi sont de taille”, sourit Thomas.
Pour sa première saison, le père de famille est intérieur droit. “Les trois nouveaux entourent toujours le leader, celui qui est en pointe, décrypte-t-il. En deuxième année, je suis passé à la position qu’extérieur. Ce sont les avions qui ont les bras de levier les plus importants en termes de trajectoire avec des taux de virage plus importants. Les AlphaJet sont très adaptés à notre mission : ils possèdent un alliage parfait entre poids, puissance et maniabilité pour notre voltige.”
Dans les pas de la légende Dieudonné Costes
Malgré ses nombreux meetings en France et à l’étranger, le capitaine Thomas n’en oublie pas pour autant ses racines. Septfonds évidemment, où il a grandi avec ses parents. La patrie d’une autre légende de l’aéronautique, Dieudonné Costes. Une fierté.
“C’est fabuleux de pouvoir perpétuer son héritage. J’ai l’impression de faire perdurer sa mémoire en me glissant modestement dans ses pas, rend hommage le Tarn-et-Garonnais. Il a traversé l’Atlantique à une époque où l’avion était évidemment beaucoup moins sûr. C’est un pionnier.”
Erik, son père, “l’instigateur involontaire” de sa passion
Il y retrouve Erik, son père, qui lui a transmis ce virus de voler. “C’est l’instigateur involontaire de cette passion. Il avait des magazines sur les avions de chasse que je regardais. J’étais à l’école primaire, j’ai commencé à les ouvrir et j’ai pris complètement goût à cet univers tout de suite. J’essayais de redessiner les avions, je les connaissais tous par cœur… Quand j’allais le voir se poser à l’aérodrome de Montauban, je me voyais déjà à sa place”, se souvient le capitaine.
Lorsqu’il revient en Tarn-et-Garonne, Thomas se rend souvent à Caussade, où il a joué au rugby et a poursuivi sa scolarité au collège, ou à Montauban évidemment, où il a passé ses années lycées. “Ce sont des superbes souvenirs pour moi. C’est toujours important, c’est même vital je dirais, d’avoir une coupure dans une carrière très prenante, passionnante, mais aussi exigeante, où on ne voit pas le temps filer.”
C’est, enfin, l’occasion de regarder pour une fois dans le rétroviseur, lui qui est plutôt habitué à mettre plein gaz vers le futur. L’occasion de voir que, comme tout petit garçon, le capitaine Thomas a grandi avec l’idée, un jour, d’aller côtoyer les étoiles. Plutôt que de rester la tête dans les nuages au sens figuré, Thomas a décidé d’en faire une véritable quête dans sa vie. Une quête qu’il a désormais réussie.

