March 29, 2026

REPORTAGE. "Il ne reste que Gimont et Samatan" : dans le Gers, l’incertitude plane après le dernier marché au gras de la saison

l’essentiel
Ce dimanche 29 mars se tenait le dernier marché au gras de Gimont, dans le Gers, de la saison. L’occasion de dresser le bilan d’une année en demi-teinte. Reportage.

Devant les portes vitrées de la halle, un couple de quadragénaires attend paisiblement, profitant des premiers rayons du soleil. “Nous sommes des habitués, nous venons plusieurs fois par an”, confie l’épouse, un large sourire aux lèvres. Pour eux, impossible de manquer la dernière édition de la saison du marché au gras de Gimont, dans le Gers, ce dimanche 29 mars.

Ils sont plusieurs dizaines à s’être déplacés pour ces fameuses “Grasses matinées”. “Nous, nous sommes venus chercher des carcasses de canard”, explique une trentenaire, sacs en tissu à la main. Et inutile de patienter longtemps : quelques minutes avant l’ouverture officielle, les organisateurs invitent déjà les acheteurs à entrer sous la halle. À 10 heures précises, c’est le coup de sifflet traditionnel. Les clients se dirigent rapidement vers les étals, où les producteurs les attendent.

Les clients n’hésitent pas à tenter quelques négociations avant l’achat.
Les clients n’hésitent pas à tenter quelques négociations avant l’achat.
DDM – Sébastien Lapeyrère

“On vient vendre des foies gras, des canards et de la volaille de temps en temps”, explique Alexandre, producteur dans les Hautes-Pyrénées. Pour lui, le marché de Gimont reste essentiel, malgré la distance. “On n’a pas d’autres marchés, parce qu’ils n’ont pas tenu. Il ne reste que Gimont et Samatan.” Pourtant, ces rendez-vous permettent notamment d’écouler le surplus de production. “Avec 25 euros en moyenne la carcasse de canard, cela permet de nourrir bien plus de monde que pour le même budget chez le boucher”, souligne-t-il.

Un équilibre entre l’offre et la demande

Sous la halle, l’ambiance est conviviale : les sacs s’entassent, les éclats de rire fusent et les négociations vont bon train. Mais cette matinée marque aussi la fin de la saison. “Aujourd’hui, c’est le dernier marché. C’est encourageant de voir qu’il y a encore de l’apport. La qualité des produits a été très bonne toute la saison”, souligne Jean-Claude Doutre, délégué aux marchés de plein vent et au marché au gras de Gimont. Il rappelle également le rôle essentiel des bénévoles : “Le marché peut vivre grâce aux groupes et aux découpeurs qui travaillent bénévolement.”

Ce dimanche se tenait le dernier marché au gras de la saison.
Ce dimanche se tenait le dernier marché au gras de la saison.
DDM – Sébastien Lapeyrère

Cette année, les apports ont même été plus importants qu’à l’accoutumée. “Nous avons eu davantage de marchandises, que ce soit en canards ou même en oies”, précise-t-il. Ce dimanche, huit producteurs étaient présents. “L’équilibre entre l’offre et la demande est généralement respecté, ce qui est positif pour tout le monde.”

Du côté des acheteurs, l’enthousiasme est bien présent. “Je viens chercher neuf carcasses”, explique l’un d’eux. “Je fonctionne au feeling, c’est très simple de me vendre quelque chose.” Mais derrière cette bonne humeur, certains s’inquiètent : “On privilégie l’achat direct auprès des producteurs pour éviter les supermarchés, mais on constate qu’il y a de moins en moins de monde ici.”

Une incertitude grandissante

Car malgré une fin de saison dynamique, les dernières semaines ont été plus difficiles sous la halle gimontoise. “Je trouve qu’il y a une baisse”, observe Mathis, producteur gersois. “Certains jours, ça se vend très bien. D’autres, comme aujourd’hui, c’est plus incertain.”

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En cause notamment, la hausse des coûts, comme celui du carburant, qui pousse les consommateurs à réduire leurs dépenses. Un contexte qui impacte directement la fréquentation des marchés. Pourtant, leur importance reste capitale pour les producteurs : “Cela nous permet de nous faire connaître. Les clients rencontrés ici viennent ensuite directement à la ferme.”

Les producteurs espèrent donc retrouver leur public lors de la prochaine saison. En attendant, cette dernière “Grasse matinée” s’est conclue dans la convivialité, autour d’un repas partagé sous la halle, ouvert à toutes et à tous.

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