Yaël Braun-Pivet s’est dit “choquée” par les publications sur X du militant d’extrême droite Quentin Deranque qui ont refait surface après la publication d’un article de Médiapart. La minute de silence en son hommage à l’Assemblée suscite désormais le malaise.
Après la révélation par Mediapart des messages racistes ou antisémites écrits par Quentin Deranque, Yaël Braun-Pivet s’est dites “bien évidemment choquée”, a fait savoir ce vendredi 13 mars l’entourage de la présidente de l’Assemblée nationale.
“Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc”
Selon Mediapart, Quentin Deranque a publié de nombreux messages sur la plateforme X via trois comptes anonymes, au moins ces deux dernières années, faisant tantôt l’apologie du nazisme, s’en prenant aux “millions d’Arabes et de Noirs présents sur le sol français”, ou encore qualifiant l’ancienne ministre Simone Veil de “salope meurtrière” pour avoir fait voter la légalisation de l’avortement.
“Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc”, écrit-il aussi par exemple en juillet 2024, selon le site d’information. L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment les propos attribués à Quentin Deranque.
“Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros”
Face à ces propos, Yaël Braun-Pivet est “bien évidemment choquée”. Mais “rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne veut pas dire que l’Assemblée” les “approuve”, fait valoir l’entourage de la présidente.
Sur X, le secrétaire du PS Olivier Faure, rappelle que “le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque”, mais fustige également la droite et l’extrême droite qui ont “cherché à transformer en héros un jeune néonazi” : “Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros”, a-t-il ajouté.
Du côté du Rassemblement national, le vice-président du parti déclare à Libération que “si ce type d’engagement était confirmé et ou si ce type de propos l’étaient tout autant, ils m’amèneraient à reconsidérer mon propos évidemment”. Le député avait prononcé un discours où il affirmait que le militant avait “laissé sa vie pour défendre des idées […] pour en réalité défendre nos idées, ou défendre plutôt l’idée qu’il se faisait de notre pays”.
Une minute de silence à l’Assemblée
Une minute de silence avait effectivement été observée le 17 février dans l’hémicycle du Palais Bourbon, cinq jours après l’agression mortelle de Quentin Deranque. “Une décision collective, prise à l’unanimité par la conférence des présidents” de l’Assemblée, qui réunit notamment les présidents de groupes et de commission, à la suite d’une proposition du patron des députés UDR, Eric Ciotti, et “dans un contexte de grand émoi”, a rappelé l’entourage de Yaël Braun-Pivet.
Neuf personnes ont depuis été mises en examen et écrouées dans le cadre de cette affaire et sont, selon une source proche du dossier, “connues pour être soit membres, soit proches” de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d’ultragauche fondé en 2018 par le député LFI, Raphaël Arnault, et dissous en juin.

