March 14, 2026

La Ligue de football abandonne le symbole LGBTQIA + : "C’est un fiasco de A à Z !" La colère de Ouissem Belgacem, ancien joueur de Toulouse

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LFP a décidé de retirer les couleurs arc-en-ciel des maillots lors de la journée dédiée à la lutte contre l’homophobie en Ligue 1. Une décision qui provoque un tollé. Associations de lutte LGBTQIA +, responsables politiques et militants dénoncent un recul lourd de sens. Dans un entretien à La Dépêche du Midi, Ouissem Belgacem estime que cette suppression, sans action forte en remplacement, constitue “le pire message qu’on pouvait envoyer aux athlètes homosexuels aujourd’hui”.

La décision a agi comme un détonateur. En supprimant les couleurs arc-en-ciel de la journée de lutte contre l’homophobie, la LFP pensait sans doute tourner la page d’une campagne devenue inflammable. Elle a surtout ravivé un vieux procès. Depuis 2021, l’opération n’a cessé d’être contestée, vidée peu à peu de sa portée, jusqu’à cette annonce perçue par beaucoup comme un renoncement pur et simple.

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C’est le cœur de l’analyse d’Ouissem Belgacem, ancien joueur du TFC et militant de la cause LGBTQIA + dans le sport. Le Franco-Tunisien ne mâche pas ses mots : “C’est un fiasco de A à Z depuis 2021 jusqu’à cette annonce.” Pour lui, le problème n’est pas seulement la disparition d’un signe visuel, mais ce qu’elle raconte. “Retirer la seule et unique initiative, qui n’était déjà pas une initiative efficace, sans proposer autre chose derrière, c’est absolument catastrophique”, dit-il. Avant d’enfoncer le clou : “Retirer un symbole, c’est envoyer un message.”

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Belgacem insiste surtout sur la portée humaine de cette décision. “C’est le pire message qu’on pouvait envoyer aux athlètes homosexuels aujourd’hui”, explique-t-il, dans un contexte qu’il juge déjà alarmant. Il cite notamment le récent PSG-OM et un tifo ouvertement homophobe, symbole à ses yeux d’un football français qui ne progresse pas, voire régresse. “Je pense qu’on ne progresse absolument pas, on recule même. Supprimer la seule initiative, c’est un message terrible. Je suis choqué”, confie-t-il.

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Le risque du “fourre-tout”

Belgacem met aussi en garde contre l’idée de tout regrouper sous une bannière générale. “Je ne pense pas que réunir les différentes luttes sous un même emblème soit une bonne idée. Ce ne sont pas les mêmes luttes, elles ne se combattent pas de la même manière. Réunir les luttes, ça fait un peu fourre-tout” a lancé l’ancien footballeur.

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En voulant parler de tout, dit-il en substance, la Ligue prend le risque de ne plus parler vraiment de l’homophobie. Et c’est précisément ce que redoutent aujourd’hui les associations et les personnes concernées.

Les autres réactions

Marine Tondelier a dénoncé sur les réseaux sociaux une honte inqualifiable”, avant d’ajouter : “En 2026, ils ne sont même pas capables d’afficher les couleurs de l’arc-en-ciel sur des maillots ? On ne stagne même plus, on régresse. En réalité, le football français ne veut pas lutter contre l’homophobie.” Une sortie brutale, mais qui résume bien l’impression laissée par cette annonce : celle d’un football professionnel qui recule au moment même où il devrait affirmer sa position.

Plusieurs associations LGBT ont également exprimé leur consternation. Dans leur réaction au travers d’un communiqué commun, elles dénoncent un renoncement politique et symbolique, et rappellent que “la lutte contre les discriminations n’est pas une case à cocher “. Pour elles, la Ligue ne peut pas se contenter d’effacer un signe, puis promettre un dispositif plus global sans expliquer ce qui viendra concrètement le remplacer.

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