February 4, 2026

Des armes nucléaires bientôt sans limitations pour la Russie et les États-Unis ? "Le monde bascule dans une situation dangereuse", affirme Moscou

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À compter du 5 février, le traité New START, dernier pilier du contrôle nucléaire entre Washington et Moscou, arrive à expiration. Une échéance qui ravive les inquiétudes sur une possible relance de la course aux armements.

La date avait été marquée d’une croix rouge par le Kremlin. À compter de ce jeudi 5 février, le traité de réduction des armements nucléaires entre les États-Unis et la Russie – baptisé New START – arrive à expiration. Ce texte signé en 2010, visait à limiter les arsenaux “stratégiques” des deux puissances nucléaires. Concrètement, le texte venait fixer plafond sur le nombre d’ogives et de missiles déployés par les États-Unis et la Russie, prévoyant par ailleurs des inspections mutuelles pour vérifier le respect de ces engagements.

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Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 3 février, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fait part de son inquiétude quant à l’expiration annoncée de ce traité : “D’ici quelques jours, le monde se trouvera dans une situation plus dangereuse qu’il ne l’a jamais été”, a commenté ce dernier. Le porte-parole affirme en effet que la Russie n’aurait reçu aucune “réponse des Américains à cette initiative”. Une inquiétude partagée… par le pape Léon XIv, qui appelle à “prévenir une nouvelle course aux armements” : “Je vous exhorte instamment à ne pas abandonner cet instrument sans veiller à son suivi concret et effectif”, a commenté le souverain pontife.

“S’il expire, il expire”

En septembre dernier, Vladimir Poutine avait pourtant proposé de prolonger ce traité d’un an. Donald Trump avait réagi, affirmant qu’il s’agissait là d’une “bonne idée”, précisant qu’il souhaitait y incorporer la Chine. De son côté, Moscou prônait une intégration de la France et du Royaume-Uni, ne serait-ce que pour un traité de suivi. Si le texte ne fait l’objet d’aucune prolongation, la Russie et les États-Unis pourraient bien se retrouver “sans document fondamental permettant de limiter et de contrôler ces arsenaux” nucléaires, reprend Dmitri Peskov.

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Pour rappel, le traité New START avait été signé à Prague (République tchèque) en 2010 par Barack Obama – alors président des États-Unis – et son homologue russe, Dmitri Medvedev. Le texte venait limiter chacun des arsenaux à 1 550 ogives nucléaires déployées et à 800 lanceurs et bombardiers. En 2023, plusieurs mois après le début de l’invasion des forces armées russes, Vladimir Poutine avait accusé l’OTAN de chercher à attaquer des installations nucléaires russes : le maître du Kremlin avait alors annoncé suspendre sa participation à cet accord. Plusieurs hauts responsables russes avaient – en substance – indiqué que la Russie allait continuer à respecter la limitation du nombre d’ogives nucléaires… mais qu’elle allait se retirer des autres dispositions prévues par le texte. En 2025, le président russe est revenu sur sa position, estimant que ce serait “une erreur […] d’abandonner complètement l’héritage du traité”.

Si l’expiration de ce traité venait à aboutir, ce serait la première fois en quarante ans que les États-Unis se retrouveraient sans traité de contrôle des armements nucléaires avec la Russie. À l’époque, Reagan était au pouvoir. “S’il expire, il expire, avait sobrement commenté Donald Trump dans les colonnes du New York Times. Nous conclurons simplement un meilleur accord”.

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