Air France-KLM relève ses tarifs long-courriers d’une cinquantaine d’euros aller-retour, face à la hausse du prix du kérosène liée à la guerre en Iran. D’autres compagnies ont également franchi le pas.
Vers une hausse généralisée des billets d’avion ? Air France et KLM ont annoncé augmenter leurs tarifs sur les trajets long-courriers face au choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran. Ils emboîtent le pas à plusieurs autres compagnies aériennes à travers le monde.
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“Le contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient a entraîné une hausse importante et soudaine des prix des carburants, notamment du kérosène. En conséquence, Air France et KLM augmentent leurs tarifs sur les vols long-courriers pour les billets émis à compter du 11 mars”, selon une déclaration d’Air France-KLM transmise ce jeudi 12 mars à l’AFP et confirmant une information des Echos.
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Plus précisément, “en classe économique, les tarifs augmenteront de 50 euros aller-retour”, a précisé le groupe aérien franco-néerlandais. Avant lui, plusieurs compagnies ont annoncé des surcharges sur leurs billets ces derniers jours, comme SAS, Cathay Pacific, Air India et Qantas.
Pas encore d’augmentation du côté de Transavia
En revanche, Transavia n’a pas pris de décision d’augmentation des tarifs, même si “elle reste attentive à la situation et prendra les mesures le cas échéant”, a indiqué ce jeudi à l’AFP un porte-parole de la compagnie low-cost d’Air France-KLM.
Le cours mondial moyen du carburant d’aviation a atteint mercredi près de 168 dollars le baril, selon l’indice de référence Platts, une légère décrue par rapport à lundi, mais toujours le double des niveaux du 2 janvier et un emballement supérieur à celui du brut. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial du pétrole, a repassé brièvement jeudi la barre des 100 dollars, malgré le déblocage sans précédent de stocks pour éviter une pénurie mondiale.
Un quart du coût d’exploitation pour les compagnies
L’écart de prix entre le brut et le carburant d’aviation s’explique par les coûts de raffinage, mais aussi du fait que le kérosène, qui ne représente que 9 % des produits raffinés, est moins prioritaire que l’essence ou le gazole pour les industriels, selon l’Association internationale du transport aérien (Iata).
Les carburants représentent un poste de dépense majeur pour les compagnies, le premier ou le deuxième selon les transporteurs. Sur la base d’un baril de kérosène à 88 dollars, désormais obsolète, l’Iata voyait ces entreprises y consacrer 252 milliards de dollars cette année, soit 25,7 % de leurs coûts d’exploitation. Certaines devraient néanmoins voir le choc pétrolier amorti par leur stratégie de “couverture”, l’achat de carburant à prix fixe, plusieurs mois à l’avance.
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Air France-KLM, par exemple, avait annoncé en février avoir renforcé cette politique, en sécurisant 70 % de ses approvisionnements pour le trimestre en cours et le prochain, et 60 % pour le suivant, le taux décroissant ensuite avec une visibilité à sept trimestres.

