Arrêté à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (Roissy) avec une impressionnante quantité de cocaïne dans ses bagages, le footballeur originaire de Martinique risque gros et connaîtra le délibéré vendredi 20 mars.
Arrêté à Roissy avec plus de 102 kg de cocaïne, l’ex-footballeur martiniquais Jean-Manuel Nedra a reconnu ce jeudi devant le tribunal de Bobigny avoir transporté la drogue en connaissance de cause, tout en niant toute implication dans l’organisation du trafic. Ce 31 décembre 2022, les douaniers de l’aéroport de Roissy n’en croient pas leurs yeux en ouvrant les valises de Jean-Manuel Nedra et de sa compagne : plus de 102 kg de cocaïne sous forme de pains pour une valeur estimée à plus de 3 millions d’euros.
Le footballeur, à l’époque milieu de terrain du club de l’Aiglon du Lamentin (centre de la Martinique) vient d’atterrir d’un vol en provenance de Fort-de-France pour fêter le passage à 2023 à Paris. Présenté au juge d’instruction, Jean-Manuel Nedra a d’abord nié être au courant de la présence de stupéfiants dans ses bagages, expliquant seulement avoir accepté d’aider son oncle à déménager des affaires vers l’Hexagone.
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Mais devant le tribunal de Bobigny, il a admis qu’il savait pour la cocaïne et qu’il devait toucher 20.000 euros en échange. Mais “à aucun moment, je n’ai su la quantité que je transportais”, a déclaré le prévenu, qui imaginait être en possession de “5-6 kg, pas plus”. À la présidente, l’ex-footballeur âgé de 33 ans a expliqué qu’il n’avait pas de problèmes financiers mais “à l’époque, je n’étais pas bien dans ma tête psychologiquement”, quelques mois après la perte d’un bébé mort-né. “Je n’ai pas réfléchi. C’était une grosse connerie, la plus grosse connerie de ma vie, je regrette vraiment”.
“Je suis un maillon”
Si Jean-Manuel Nedra reconnaît le transport de stupéfiants, il nie avoir participé à l’organisation du trafic. “Je suis un maillon mais je n’ai fait que récupérer les valises et les transporter, rien de plus”, a-t-il maintenu. Le tribunal l’a également interrogé sur des messages remontant notamment à décembre 2019, c’est-à-dire hors de la période pour laquelle la justice poursuit le prévenu.
Des messages sur Snapchat, sur Signal demandant “combien on donne à la fille” ou mentionnant “un produit”, “des kilos”, “des billets d’avions”. “Ça fait quand même clairement référence à du trafic de stupéfiants ?”, l’a interrogé le tribunal. “Oui, c’est vrai. J’ai dû prêter mon téléphone à quelqu’un”, a répondu le prévenu, penaud. “C’est pas de chance alors de prêter son téléphone à quelqu’un qui organise un trafic vers la métropole”, a ironisé le tribunal.
“Si j’étais un recruteur de mule, je n’aurais pas fait ce que j’ai fait : transporter ces valises”, a ajouté le Martiniquais. Interrogée à son tour, Lauryn N., l’ex-compagne de Jean-Manuel Nedra, a assuré n’avoir rien su du contenu des bagages quand elle a embarqué pour Paris. “Au début, j’ai pensé qu’on l’avait piégé mais après avoir vu qu’il n’y avait que des pains de cocaïne et pas de vêtements, je me suis dit que c’était impossible de ne pas savoir”, a-t-elle expliqué.
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“C’est une trahison. J’étais sa compagne, enceinte de lui. Il m’a embarqué dans ça alors que je n’avais rien demandé”, a ajouté à la barre Lauryn N., sans convaincre le procureur qui a mis en doute sa naïveté. Huit autres personnes sont jugées avec le couple, dont une fratrie de trois, proche de Jean-Manuel Nedra. Le procès doit se tenir jusqu’au délibéré prévu vendredi 20 mars.

