À Auch (Gers), le Petit Casino et la boucherie Labric, situés rue d’Alsace, ont été gravement touchés par un feu d’origine accidentelle dans la nuit du samedi 7 mars. Si la boucherie a pu rouvrir dès le matin, le gérant de la supérette, lui, se retrouve sans outil de travail.
Devant le petit Casino, son magasin de la rue d’Alsace, Sala Adnane est sous le choc. À côté de lui, l’expert de son assurance fait grise mine. Derrière les rubalises des pompiers, les portes de l’établissement sont fermées : l’incendie du samedi 7 mars a ravagé le local. Il a aussi failli détruire la boucherie voisine.
“On dirait qu’un missile est tombé”
Le gérant du Casino se souvient encore de ce coup de fil à 4 h 10. “Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi… Mon téléphone a vibré. Je vois que c’est un ami.” Les mots résonnent encore : “Vite le feu, vite le feu !” Sala Adnane pense alors que l’incendie concerne son ami. Il est en voiture pour se rendre chez lui, quand un 2e appel lui apprend que son magasin est en feu.
Sur place, il découvre les camions de pompiers en pleine intervention. Il rencontre aussi Denis Resnikow, le riverain qui a donné l’alerte. “Il m’a expliqué que tout le monde avait pu sortir. Ça m’a soulagé.”

Lorsqu’il a pu approcher des lieux, une fois tous les risques écartés, le gérant du petit Casino n’a pu que constater l’étendue des dégâts. “On dirait qu’un missile est tombé sur le magasin, souffle-t-il. L’incendie est parti des réserves. Le bureau a été détruit, ma chambre froide aussi… La réserve est morte.”
“Tout s’est joué à 10 minutes”
Selon les constatations des sapeurs-pompiers, l’origine du sinistre, à l’arrière du bâtiment, serait accidentelle et probablement électrique. “À ce stade, il n’y a pas d’enquête ouverte”, explique le commissaire de police d’Auch.
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Le feu a frappé également les installations de la boucherie Labric, qui jouxte le petit Casino. “Nous avons perdu une chambre froide, et le laboratoire de notre service traiteur est inutilisable, confie Thierry Labric. Entre l’arrosage et les fumées, on ne peut plus utiliser toute cette partie.”

Si la boucherie et ses six employés peuvent malgré tout poursuivre leur activité, l’artisan a encore des frissons rétrospectifs. “Quand je suis arrivé à 5 h, il y avait de la fumée plein la boutique ! Les pompiers n’avaient vu que le feu était passé par les dessous de toit. Tout s’est joué à 10 minutes. Les poutres avaient pris feu. Et une fois le feu lancé… On est passé très près d’un désastre.” Comme le gérant du Casino, il attend maintenant la réponse des experts des assurances. “Mais nous, on a pu reprendre dès le matin.”
Solidarité
C’est loin d’être le cas pour Sala Adnane. Dans le magasin, tout est recouvert de suie, les câbles sont fondus, le toit est réduit en cendres. “Tout est détruit. Je ne sais pas ce qui peut être fait, à part la paperasse…” Il a pu bénéficier de l’appui de la municipalité pour sécuriser l’arrière du bâtiment. “Et les pompiers ont fait un boulot magnifique : ils ont commencé par sortir tous les riverains, ils ont mis le quartier en sécurité.”
Il a pu aussi compter sur la solidarité des commerçants de la rue et plus largement de toute la commune. “Tous les confrères de la rue m’ont appelé, ils sont venus me voir, l’association des commerçants aussi, la mairie, mais aussi beaucoup de clients, souligne Sala Adnane, très ému. Ils se sont déplacés pour me témoigner leur soutien.”
Désormais privé de son outil de travail, il a apprécié cet appui moral. “Ça fait chaud au cœur… Maintenant, il faut s’armer de courage.”

