March 29, 2026

Stations Total prises d’assaut : comment la chasse au prix le plus bas provoque la pénurie

l’essentiel
Le plafonnement des prix chez TotalEnergies attire les foules et vide les pompes dans les Hautes-Pyrénées. Dix euros d’économie par plein suffisent-ils à expliquer cette ruée ?

La ruée vers l’or noir. Depuis que le géant TotalEnergies a décidé de plafonner ses prix de carburants, les automobilistes se précipitent dans les stations Total des Hautes-Pyrénées. Sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent la hausse et l’instabilité des cours du pétrole, quelques centimes de moins au litre suffisent à provoquer des pénuries de gazole dans les stations du géant pétrolier.

Résultat : des files interminables et des stations parfois dévalisées en quelques heures.
À Tournay, seule l’essence restait encore disponible ce week-end. À la station Saint-Christophe de Séméac, le gérant a dû instaurer des restrictions face à l’affluence. “Suite à des difficultés d’approvisionnement en carburant, nos stocks sont actuellement limités. Règle temporaire à partir du 27 mars : 50 euros maximum par client. Prépaiement obligatoire.”

Même constat à Tarbes, à la station d’Urac, non loin de l’hôtel des impôts. Si tous les carburants étaient encore disponibles en début de matinée ce samedi, il fallait s’armer de patience pour faire le plein. “Les gens viennent avec des jerricans, c’est ridicule”, s’agace une conductrice. D’autres préfèrent anticiper, redoutant que la situation internationale n’entraîne une nouvelle flambée des prix.

Dix euros d’économie par plein

Sur le papier, l’avantage de Total est bien réel. Ce 28 mars, le gazole y est affiché autour de 2,09 €/L, tandis que le sans-plomb (SP95, SP98 ou E10) est proposé à 1,99 €/L dans les stations du département. Chez la concurrence, les prix sont plus élevés. Le gazole oscille entre 2,22 € et 2,30 €/L dans la grande distribution, tandis que le SP98 se situe généralement entre 2,05 € et 2,16 €/L. Soit un écart de 10 à 20 centimes par litre, pouvant représenter jusqu’à 10 euros d’économie sur un plein de gazole.

Une différence de prix non négligeable certes, mais suffit-elle à expliquer la situation actuelle ? Car ailleurs, dans ces stations plus chères, pas de files d’attente ni de rupture. Tous les carburants sont bel et bien disponibles, preuve que la pénurie n’est pas généralisée.

Cette situation s’expliquerait donc par un double phénomène. D’un côté, les tensions au Moyen-Orient qui entretiennent la crainte d’une hausse des prix du pétrole et qui poussent les consommateurs à anticiper. De l’autre, le plafonnement des prix décidé par Total qui agit comme un aimant.

Une communication de maître ?

Le choix stratégique de TotalEnergies est loin d’être anodin. S’il vise d’abord à amortir la flambée des prix liée au contexte international, il répond aussi à une pression politique autour du pouvoir d’achat, dans un contexte d’inflation énergétique. Mais surtout, il constitue une stratégie commerciale puissante. Celle d’attirer les clients en se positionnant comme l’enseigne la moins chère, quitte à réduire ses marges.

L’effet boule de neige est immédiat. Plus les files s’allongent, plus la crainte de manquer s’installe. Certains automobilistes remplissent des bidons, d’autres se précipitent par peur de voir les prix encore grimper.

Une pénurie relative pour l’heure donc, “mais jusqu’à quand ?” s’inquiètent les automobilistes.

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