La mission internationale pour rouvrir le détroit d’Ormuz se précise. Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 9 mars une opération défensive pour sécuriser le commerce d’hydrocarbures dans cette région. Pour l’heure, la France mobilise ses forces navales pour défendre l’île de Chypre récemment visée par un drone iranien.
Une visite éclair d’Emmanuel Macron à Chypre pour une annonce importante. Le chef de l’État a affirmé ce lundi 9 mars préparer une future mission internationale “purement défensive” pour “rouvrir” le détroit d’Ormuz lors d’un discours prononcé sur l’île méditerranéenne. Une opération qui aura pour but de permettre la circulation du pétrole et du gaz dans cette zone primordiale pour le commerce international d’hydrocarbures, alors que l’Iran bloque les navires de commerce en représailles des bombardements israélo-américains.
Le président français s’est rendu à l’aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de l’île touchée par un drone peu après le début de l’offensive contre l’Iran le 28 février, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides. “Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée”, a-t-il martelé. La France, l’Italie et l’Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.
Plusieurs navires mobilisés
Emmanuel Macron s’est ensuite rendu dans l’après-midi sur le porte-avions français Charles de Gaulle, qui se trouve désormais au large de la Crète après avoir été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit. Ce bâtiment est au cœur d’un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser “huit frégates” et “deux porte-hélicoptères amphibies” dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe, a-t-il détaillé.
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Il a notamment annoncé que la France contribuerait “dans la durée” avec “deux frégates” à l’opération Aspides mise en place en 2024 par l’Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà. Le Premier ministre grec a invité ses “collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants”.
Une “mission purement défensive”
“Nous sommes en train de mettre en place” une “mission purement défensive, purement d’accompagnement” qui “a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit”, “l’escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz”, a affirmé le chef d’État français. C’est, selon lui, “essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région”, alors que l’impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s’envoler les cours ces derniers jours.
Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission “strictement pacifique” avec des partenaires “européens et non européens”. Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l’Inde et d’autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.
Un sommet du G7 en France
La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l’Énergie en marge d’un sommet à Paris sur le nucléaire civil. “J’ai souhaité qu’on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques”, a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que les pays de ce groupe (France, États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) envisageaient parmi les “options” possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.
La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.
Après s’être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à “cesser toutes frappes depuis le sol libanais”. “Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban d’être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d’assurer la sécurité de leur sol”, a-t-il insisté.

