En Tarn-et-Garonne, à l’occasion des vacances de printemps 2026, le domaine du Gazania, à Labastide-du-Temple, propose une chasse aux œufs en plein cœur de sa serre exotique qui s’épanouit depuis 1992. Immersion dans cet endroit “unique dans la région”.
Sous ce majestueux bougainvillier en début de floraison, les cris des perruches se heurtent aux ficus, kapokiers, goyaviers du Brésil et autres papyrus du Nil. Bienvenue dans l’hémisphère sud. Bon, en réalité, on est juste entré dans la serre exotique du domaine du Gazania, à Labastide-du-Temple. « Quand je menais mes études dans le tourisme, un professeur m’avait dit que pour durer, il faut cultiver le caractère unique des choses. Et à ma connaissance, cette serre est unique dans la région », commente Éric Colombié qui dirige le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) du Gazania avec son frère Patrice.

Ces horticulteurs et vignerons (lire ci-dessous) prennent un malin plaisir à ramener des souvenirs de voyage. Ils s’épanouissent ainsi à l’ombre d’une serre de près de 1 000 m2 pour 6 mètres de haut, plantée juste à côté de l’espace horticole dédié à la vente directe. Avec des espèces beaucoup plus locales.

« Ma femme étant originaire de La Réunion, c’est une île qui m’a beaucoup inspiré pour créer la serre. C’est la base de cette collection et si mon frère continue de voyager, moi beaucoup moins. Mais on se nourrit désormais d’échanges. On est même devenus refuge végétal pour certaines espèces qui ont pris trop de place chez des particuliers. Comme cette dame âgée qui nous a laissé un philodendron impossible à déplacer. Elle voulait qu’il soit ici pour rendre hommage à son mari », glisse Éric Colombié.
« À chaque que je viens, je ne suis jamais déçu »
À ses côtés, slalomer entre les strelitzias, les fameux oiseaux de paradis, et les explosifs rince-bouteilles arbustifs pourrait prendre des heures. Au détour d’un des bassins remplis de poissons rouges et de carpes, l’horticulteur-viticulteur distille ses anecdotes, un bonheur pour les visiteurs. « À chaque que je viens, je ne suis jamais déçu », lance un jeune retraité qui a fait le déplacement avec ses petites filles pour profiter de cette surprenante exploitation familiale qui perdure depuis au moins quatre générations.
Ici trois espaces, une même ambiance. « Notre clientèle est triple. On voit des personnes âgées qui achètent des plantes au printemps et qui en profitent pour faire une petite promenade. On a des parents qui visitent la serre pour les enfants avant de participer à une dégustation à la cave. Nous sommes à la fois un lieu de production et un lieu de vente, c’est ce qui fait la différence. On est en plein dans le tourisme vert et familial », souligne Éric Colombié qui accueille, également, des scolaires. Celui qui a été, dans une autre vie, guide touristique en Sicile, ne dispose pourtant que de journées de 24 heures.

« Faire de la fleur pour faire de la fleur, ça ne m’intéresse pas. Si les gens peuvent contribuer à donner une âme à ce lieu, c’est génial », poursuit-il. Alors que la période pleine de floraison s’étale entre mai et juin, le patron insiste : « Il n’y a pas de saison pour visiter la serre. À la sortie de l’hiver, on peut s’émerveiller en ne voyant que trois fleurs et les plantes vertes, c’est beau toute l’année. L’été, c’est un vrai havre de fraîcheur. En fait, ce qui compte, c’est l’état d’esprit du visiteur. »

Pour se préparer à ce voyage, petit conseil du chef lorsqu’on vient de Montauban : emprunter la route départementale 72b par La Paillole. Dans le coin, ils l’appellent « la touristique ».
Chaque après-midi jusqu’au 30 avril 2026 inclus, le domaine du Gazania propose une chasse aux œufs de Pâques dans la serre exotique. Par ailleurs, des journées portes ouvertes sont prévues les 1er, 2 et 3 mai avec plusieurs animations au programme.
Renseignements et tarifs : 06 89 23 28 37 / 07 86 12 33 19.

Un vignoble IGP depuis 2011
Daté de l’époque gallo-romaine, le vignoble de Lavilledieu est l’un des plus anciens du Sud-Ouest. Ses vins s’arrachaient jusqu’à Bordeaux où ils étaient convoyés par gabares. Entre-temps, plusieurs crises comme la propagation du phylloxéra, l’épisode de gel de 1956 et l’urbanisation, notamment, ont réduit les vignes à une portion de 150 hectares entre Montauban et Castelsarrasin. Pour autant, la réputation de ces assemblages de cépages négrette, cabernet franc, syrah, tannat et d’une pointe de gamay sont reconnus par le biais d’une indication géographique protégée (IGP) depuis 2011. Au domaine du Gazania, les frères Colombié sont à la tête d’une parcelle de 7hectares où ils cultivent même un peu de muscat pour leurs blancs. Rosés fruités ou secs, rouges tanniques et parfois, quelques primeurs s’achètent directement à la cave du domaine, juste à côté des chais de vinification de cette exploitation familiale. Régulièrement, des dégustations sont proposées aux visiteurs. Du jus de raisin est même prévu pour les plus jeunes.
Contact : 05 63 31 63 25.

