March 8, 2026

"Je ne me verrais plus faire autre chose" : une jeune éleveuse lance un appel aux dons pour construire une nouvelle bergerie

l’essentiel
Installée depuis 2021 sur les terres familiales, Lucie Fornerod élève des brebis solognotes à Armous-et-Cau (Gers) avec son compagnon. Son troupeau grandissant, le couple souhaite construire une nouvelle bergerie et lance, pour l’aider à concrétiser ce projet, une cagnotte en ligne.

Entourée de son compagnon et de son fils de 15 mois, devant le troupeau de brebis, Lucie Fornerod en est certaine : “C’est un style de vie particulier, on y est tous les jours de l’année. Mais j’ai fait plein de choses dans ma vie et je ne me verrais plus faire autre chose.” Installée depuis 2021 sur la commune d’Armous-et-Cau, cette fille et arrière-petite-fille d’agriculteurs n’avait pourtant, initialement, pas choisi la voie de la terre.

Lucie Fornerod élève des brebis de la race solognote.
Lucie Fornerod élève des brebis de la race solognote.
Photo DDM – Sébastien Lapeyrère

Après une formation d’assistante vétérinaire, elle a travaillé pendant plusieurs années dans les cuisines de restaurants, notamment à Toulouse et Paris. Mais après sa rencontre avec Théo Marzin, lors du festival Jazz in Marciac, ils décident de revenir s’installer dans le Gers, sur les terres familiales, en haut d’une colline du village astaracais.

Sur une surface de 12 hectares, dont cinq de bois, elle commence son élevage de brebis solognotes. “C’est une race ancienne, de faible effectif. Elles sont rustiques et mangent tout.” Un atout pour l’éleveuse qui met en place un système de pastoralisme : elle fait pâturer ses moutons dans les champs, friches, sous-bois et paysages vallonnés du Gers. Ils sont élevés en plein air et s’abritent, l’hiver, dans une petite bergerie. Les agneaux sont transformés sur place et proposés en vente directe. Tout comme les œufs produits par la centaine de poules pondeuses qui se baladent dans un parc immense, de l’autre côté du chemin.

Le couple élève une centaine de poules pondeuses.
Le couple élève une centaine de poules pondeuses.
Photo DDM – Sébastien Lapeyrère

De cinq brebis en 2021 à 40 aujourd’hui, l’élevage grandit au fil des années. Et commence à manquer de place. “Nous n’avons aucun stockage”, montre la jeune mère, qui attend son deuxième enfant. La bergerie, construite par le couple, permet en effet à peine d’abriter les brebis et deux bottes de paille. Lucie et Théo souhaitent donc construire un nouveau bâtiment, à quelques dizaines de mètres du premier.

Ils ont pour cela fait une demande de Dotation jeunes agriculteurs (DJA), une aide à l’installation. “Nous avons déposé le dossier mais les fonds ne seront débloqués que dans un ou deux ans. Alors que nous avons l’urgence de construire ce bâtiment avant l’hiver.” Sur les conseils d’une amie, l’éleveuse a décidé de lancer une cagnotte en ligne, afin de récolter des fonds.

Un bâtiment en bois autoconstruit

L’objectif ultime serait d’atteindre 20 000 €. “Cela nous permettrait de financer le bâti”, précise Théo Marzin, qui prévoit d’autoconstruire ce bâtiment de 400 m². Bûcheron, il a déjà trouvé les matériaux. “Le bâtiment sera fait en bois local, avec des poteaux en bois rond.” Des troncs de Douglas sont d’ailleurs déjà alignés à proximité de la maison. “Pour le toit par contre, on sera sur de la tôle”.

Le bâtiment sera autoconstruit, avec du bois local.
Le bâtiment sera autoconstruit, avec du bois local.
Photo DDM – Sébastien Lapeyrère

L’idée que le couple a pour ses futurs locaux illustre d’ores et déjà l’impulsion qu’il souhaite donner à l’élevage : un enclos plus grand pour abriter les brebis à la mauvaise saison, un lieu de 50 m² réservé à la découpe et au conditionnement des agneaux ainsi qu’une chambre froide et un espace pouvant accueillir du public.

De cinq brebis en 2021 à plus d’une quarantaine aujourd’hui.
De cinq brebis en 2021 à plus d’une quarantaine aujourd’hui.
Photo DDM illustration – Sébastien Lapeyrère

Car au-delà du développement de l’élevage – une soixantaine de brebis cet hiver, 250 poules pondeuses à terme-, Lucie et Théo souhaitent “une ferme ouverte, en accueillant le public dans un espace de vente mais aussi en organisant des événements et des repas.”

Si Lucie a quitté le monde de la restauration, sa vision d’une bonne alimentation n’a, elle, en effet pas changé. “L’objectif est de montrer comment l’on travaille. Nous avons vraiment un intérêt pour ce que l’on fait manger aux gens.” Ces repas conviviaux permettraient aussi de “redonner du sens à l’acte de manger ensemble” et “rendre visible le travail paysan, souvent invisibilisé.”

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