Mobilisation générale au sein des équipes d’Enedis et de leurs prestataires pour rétablir le courant sur 23 points critiques. Toutefois, 6000 foyers restaient sans électricité ce vendredi soir. Pour ceux qui devront patienter au moins jusqu’à dimanche soir, des groupes électrogènes vont être déployés.
Depuis le poste source installé à quelques encablures du collège de Maubourguet et qui fait le lien entre la ligne THT de RTE et le réseau Enedis, la ligne court le long d’un champ. Littéralement. Car les bourrasques de la tempête Nils ont eu raison des arbres qui la bordaient couchant le câble à même le sol et endommageant toute la structure, sur cette ligne haute tension à 20 000 volts, essentielle pour tout le réseau. “C’est notre autoroute” pointe Alain Allué, interlocuteur territorial chez Enedis.

Sauf que ces autoroutes sont en panne depuis jeudi, avec pas moins de 23 départs concernés par des incidents, notamment sur le Val d’Adour et les Coteaux, mais aussi dans le Magnoac et la Barousse, privant d’électricité des quartiers, voire des villages entiers depuis près de deux jours. Une cellule de crise a été déployée chez Enedis Tarbes, ainsi qu’à Pau. Au total, une centaine d’agents et de prestataires privés sont mobilisés depuis jeudi matin, avec des renforts venus des territoires plus épargnés, notamment des vallées des Gaves ou d’Aure et Louron, mais aussi de Pau, comme cette équipe spécialisée sur le travail sous tension qui intervient à Maubourguet depuis le début de journée et jusqu’à ce vendredi soir. “On a aussi des techniciens d’autres services qui ont assuré des visites de terrain pour la mise en sécurité des portions et faciliter l’intervention des autres équipes. Comme ici. C’est une ligne principale qui alimente à elle seule 300 foyers, précise Alain Allué. Il a d’abord fallu isoler le tronçon, mis à la terre de part et d’autre pour travailler en sécurité.”
Une course contre-la-montre
Un chantier dont l’accès est relativement facile, permettant à la nacelle de s’installer au pied des pylônes. “Ce n’est pas toujours le cas et il faut se frayer un passage avant d’accéder là-haut via une échelle, souligne Fabien, de l’équipe paloise. Il a d’abord fallu l’intervention des élagueurs. Là, les armements ont été tordus. On redresse tout avant de remettre en place les isolateurs, de retendre les câbles puis de les refixer définitivement. Ce sont des opérations qui sont assez longues avec de grosses manipulations.”

Une course contre la montre pour les équipes d’Enedis qui seront encore mobilisées tout ce week-end. Car une fois l’autoroute de la ligne haute tension rétablie, d’autres incidents sur le réseau basse tension pourraient apparaître. Des groupes électrogènes vont ainsi être déployés en secours pour venir en appui des foyers isolés. Car le courant ne sera pas rétabli sur tout le territoire avant la fin du week-end. “Les gens sont globalement conciliants et nous encouragent, mais on comprend qu’à force ils viennent à s’impatienter”, reconnaît Alain Allué qui rappelle quelques consignes comme ne pas toucher une ligne tombée au sol mais aussi élaguer et entretenir ses arbres. Ce vendredi soir, alors que 15 500 foyers étaient privés d’électricité au pic de crise jeudi matin, on en dénombrait encore 6000 vendredi soir.

