Un Casque bleu de l’ONU patrouille dans le sud du Liban le 22 février 2026. La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) opère dans la zone située entre le fleuve Litani et la Ligne bleue, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée en 2006. SILVIA CASADEI / MIDDLE EAST IMAGES VIA AFP
De nouveau, des soldats de l’ONU se retrouvent exposés aux combats entre Israël et le Hezbollah. Vendredi, trois Casques bleus ghanéens ont été grièvement blessés dans une attaque contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, selon la force onusienne et l’armée ghanéenne, le président libanais accusant Israël d’en être à l’origine.
L’attaque a eu lieu alors qu’Israël et la formation pro-iranienne Hezbollah, échangeaient des tirs, après que le Liban a été entraîné lundi dans la guerre au Moyen-Orient. « Au milieu de tirs nourris, trois Casques bleus ont été blessés à l’intérieur de leur base à al-Qaouzah », dans le sud du Liban, a indiqué la Finul vendredi soir dans un communiqué.
L’armée ghanéenne a de son côté fait état de « deux attaques de missiles » successives peu avant 18 heures locales sur le quartier général du bataillon ghanéen de la Finul. « Deux soldats sont grièvement blessés » et un autre a été « traumatisé », a-t-elle ajouté dans un communiqué, ajoutant qu’ils ont été pris en charge en attendant leur évacuation vers un hôpital de la force onusienne et se « trouvent dans un état stable ».
Le bâtiment accueillant le mess des officiers a également été touché et « a entièrement brûlé », a précisé l’armée ghanéenne.
Condamnations
Ni la Finul ni l’armée ghanéenne n’ont précisé l’origine de cette attaque mais l’organisation onusienne a indiqué qu’elle enquêterait sur les circonstances de l’incident. « Il est inacceptable que des soldats de la paix accomplissant des tâches mandatées par le Conseil de sécurité de l’ONU soient pris pour cible », a-t-elle souligné.
Le président libanais Joseph Aoun a accusé de son côté Israël d’avoir mené « une attaque directe contre la Finul », dans un communiqué publié dans la soirée.
Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une « attaque inacceptable », après s’être entretenu avec Joseph Aoun et le président syrien Ahmad Al-Chareh.
« La France oeuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région », a-t-il affirmé sur X, soulignant le « rôle clé de stabilisation au sud du Liban » joué par la Finul.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui aussi condamné cette attaque. « Le Secrétaire général condamne l’incident survenu le vendredi 6 mars, au cours duquel trois Casques bleus ghanéens de la Finul ont été blessés dans leur position à al-Qaouzah, dans le sud-ouest du Liban, lors d’échanges de tirs nourris », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué. « Le Secrétaire général souligne que la sûreté et la sécurité du personnel et des biens des Nations unies doivent être respectées en toutes circonstances et que les responsables doivent rendre des comptes. L’inviolabilité des installations des Nations unies doit être respectée par tous », a-t-il ajouté.
Présence depuis 1978
« L’ONU exhorte les parties à une désescalade immédiate et à respecter pleinement leurs obligations en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité » qui a servi de base à l’accord de cessez-le-feu de 2024 entre Israël et le Hezbollah, a encore écrit Stéphane Dujarric.
L’ONU a l’intention de retirer d’ici la mi-2027 la majeure partie des Casques bleus déployés au Liban, dont le mandat expire à la fin de l’année.
Les Casques bleus de la Finul font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978. L’ONU a l’intention de retirer d’ici la mi-2027 la majeure partie des Casques bleus déployés au Liban, dont le mandat expire à la fin de l’année.

