Bruno Lafont à son arrivée au tribunal de Paris, le 13 avril 2026. L’ancien PDG de Lafarge a été condamné à six ans de prison pour financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014. BEHROUZ MEHRI/AFP
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Il y a bientôt deux ans paraissait « Personne Morale » de Justine Augier (Actes Sud), récit littéraire bien mené, révulsant, sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie. On y découvrait la multinationale, devenue le personnage monstrueux du livre, faire ami-ami avec des groupes terroristes, dont l’organisation Etat islamique (EI), pour maintenir l’activité de son usine de Jabaliya entre 2012 et 2014, alors que la guerre civile ravageait le pays et que les autres grandes firmes pliaient bagage. Une complicité sonnante et trébuchante concrétisée par un don colossal d’argent au nom du totem sacré des multinationales : business as usual. Le jugement du tribunal correctionnel de Paris, survenu lundi 13 avril, est d’une rarissime sévérité : condamnation de Lafarge (devenue en 2015 une filiale du groupe LafargeHolcim après son absorption par le cimentier suisse) à une amende de 1,125 million d’euros et culpabilité reconnue de huit anciens responsables pour financement du terrorisme, parmi lesquels le PDG d’alors, Bruno Lafont, mené manu militari en prison à la fin de l’audience. La défense a fait appel.
Dans le livre de Justine Augier, on découvre les trois jeunes juristes à l’origine de la plainte, à l’été 2016, pieds nus, en combishort, dans un minuscule bureau étouffant de chaleur du côté de la rue Saint-Lazare, à Paris. Le droit, rien que le droit, est leur ligne claire. Elles travaillent pour …
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