Récit
Face à une vague inédite de manifestations, qui touche toutes les provinces, et aux menaces directes d’intervention de Donald Trump, la République islamique a lancé des représailles d’autant plus sanguinaires que, très affaiblie par la crise économique et les conséquences du 7-Octobre, elle est au bord du précipice.
C’est le coffre ouvert d’un camion qui contient l’horreur. A l’arrière du véhicule, des médecins légistes en combinaison blanche extraient un à un des corps d’hommes et de femmes tués quelques heures plus tôt dans la capitale. Bientôt, ils seront alignés aux côtés de dizaines, peut-être de centaines d’autres dépouilles enveloppées dans des sacs mortuaires noirs qui gisent sur le bitume de la morgue de Kahrizak, au sud de Téhéran. Dans la cohue, des centaines d’Iraniens circulent entre les corps amoncelés, scrutent le moindre visage qui dépasse. Il y a les cris d’une famille éplorée qui découvre un proche inanimé, une femme sous le choc qui s’évanouit, une autre agenouillée au chevet d’un mort, un homme en larmes qui s’accroche aux pieds d’une dépouille, un couple au visage livide qui quitte la morgue la tête basse. A l’intérieur du bâtiment, des photos des défunts défilent sur un écran. Il y en a 250. Ils portent un numéro pour que leurs proches puissent venir les identifier.
Depuis que le régime islamique a privé tout l’Iran d’accès à internet, le 8 janvier, à la suite de manifestations de plus en plus considérables, rares sont les vidéos du pays qui parviennent à l’étranger. Celle qui montre les sacs mortuaires, captée par un amateur, envoyée probablement en utilisant …
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