March 8, 2026

Guerre en Iran : "Le son des sirènes, c’est tous les jours…" L’inquiétude d’un Gersois de 74 ans pour sa famille installée en Israël

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Âgé de 74 ans et installé dans le Gers, Gaël suit de très près la situation au Proche-Orient, une partie de sa famille résidant en Israël. Il décrit le quotidien de ses proches, confrontés aux alertes permanentes.

“Le son des sirènes, c’est tous les jours”, témoigne Gaël. Ce Gersois, dont la famille vit en Israël, raconte leur quotidien à distance suite au déclenchement du conflit en Iran. “J’ai des membres de ma famille à Jérusalem et d’autres répartis un peu partout dans le pays, notamment dans le Nord”, précise-t-il.

Là-bas, les alertes font partie de la routine. “Elles rythment leur vie et, dès qu’elles retentissent, ils ont l’habitude de rejoindre immédiatement les abris”, décrit-il. Ces abris peuvent être une pièce sécurisée de la maison, construite avec des murs renforcés, des vitres blindées et une porte protégée. “À l’intérieur, on trouve des réserves de nourriture, de l’eau et des couvertures”, détaille Gaël. “Aujourd’hui, presque tout le monde a ça chez soi”, ajoute-t-il. Pour les habitants d’immeubles, des abris collectifs sont accessibles. “Ce sont de grands abris équipés de lits, et certains y apportent même leur propre tente de camping”, observe-t-il.

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Depuis fin février, Israël est en première ligne d’un conflit au Moyen-Orient. Les États-Unis et Israël ont mené une offensive contre l’Iran, avec l’objectif affiché de neutraliser le programme nucléaire iranien et le développement de missiles capables de frapper des alliés dans la région. En réponse, l’Iran a lancé des tirs de missiles et de drones en direction d’Israël, tandis que le Hezbollah au Liban et d’autres groupes armés ont mené des frappes contre des positions israéliennes, élargissant la zone de combat.

“Certains projectiles peuvent mesurer une quinzaine de mètres”

Malgré les nombreuses alertes visant les civils, le nombre d’explosions reste limité grâce au système de défense aérienne, qui intercepte la grande majorité des missiles. “Je suis inquiet, forcément. Mais j’ai confiance dans les protections mises en place”, reconnaît Gaël. “Il y a environ 98 % d’interceptions de missiles avec le dôme de fer. Malheureusement, quelques-uns passent. Ces derniers jours, on a vu quelques dégâts, des immeubles ont été soufflés… mais sur 200 missiles, il n’en est passé que 4”, souligne-t-il. “Certains projectiles peuvent mesurer une quinzaine de mètres et, même détruits en vol, des débris métalliques lourds retombent parfois au sol, causant des dommages”, ajoute-t-il.

“Ils sont très résilients”

Pour autant, Gaël assure que la guerre n’empêche pas les membres de sa famille de continuer à vivre. “Ils sont très résilients. Ils ont grandi avec ça. Ils ne sont pas dans une logique de film catastrophe où les gens sont terrifiés. Ils savent qu’il y a un danger, mais ils gardent le moral”, affirme-t-il. Malgré les tensions, les fêtes sont également maintenues. “Les fêtes de Pourim ont ainsi été célébrées jusqu’à mercredi dernier, les gens se sont déguisés et rassemblés”, explique-t-il.

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Il insiste aussi sur la solidarité qu’il perçoit à distance. Chaque jour, il reçoit des messages de membres de sa famille. Une cousine lui envoie régulièrement des photos prises depuis les abris et lui raconte son quotidien. “Ça me rassure d’avoir des nouvelles directes. Ça me permet de voir ce qui se passe vraiment”, confie-t-il. Depuis la France, il mesure le décalage. “On a du mal à se rendre compte. Ici, on n’a pas de sirènes qui annoncent des missiles. Là-bas, c’est leur réalité”, conclut-il.

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