Mardi prochain, la France accueillera à Paris la deuxième édition du Sommet international sur le nucléaire civil, organisé avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Chefs d’État, industriels et institutions financières doivent y débattre du rôle de l’atome dans la transition énergétique mondiale, alors que la demande d’électricité pourrait doubler d’ici le milieu du siècle.
Le nucléaire civil revient au centre du débat énergétique mondial. Mardi prochain, Paris accueillera la deuxième édition du Sommet international sur le nucléaire civil, organisée en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Chefs d’État et de gouvernement, responsables d’organisations internationales, institutions financières, industriels et experts de la filière sont attendus pour discuter du rôle de l’atome face aux défis climatiques et énergétiques.
Doublement de la demande d’électricité d’ici 2050
L’événement intervient dans un contexte de forte progression attendue de la demande mondiale d’électricité. Selon le rapport 2025 de l’AIEA, 417 réacteurs nucléaires sont aujourd’hui en service dans le monde pour une capacité totale de 377 gigawatts et une production d’environ 2 670 térawattheures, soit près de 9 % de l’électricité mondiale. La croissance de l’électrification – transports, industrie et économie numérique, … – pourrait conduire à un doublement de la demande d’ici 2050.
Dans ce contexte, l’énergie nucléaire apparaît pour de nombreux pays comme une source bas carbone stable et pilotable, complémentaire des énergies renouvelables. Les scénarios de l’AIEA envisagent ainsi une capacité nucléaire mondiale comprise entre 561 gigawatts dans un scénario prudent et près de 992 gigawatts dans une trajectoire plus ambitieuse à l’horizon 2050. L’extension de la durée de vie des centrales existantes et le développement de nouveaux réacteurs, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR), seront déterminants pour répondre à cette évolution.
La France, qui a un savoir-faire indéniable, entend s’inscrire dans cette dynamique internationale. Le sommet vise ainsi à favoriser les échanges entre pays disposant déjà d’un programme nucléaire et ceux qui envisagent de s’engager dans cette voie, en particulier dans les économies émergentes. L’objectif est également de promouvoir un développement du nucléaire civil sûr, durable et compatible avec les engagements internationaux de non-prolifération.

La journée du 10 mars sera structurée en deux temps. Une séquence politique réunira le matin chefs d’État et dirigeants d’organisations internationales. L’après-midi sera consacré à plusieurs panels consacrés aux grandes priorités du secteur : contribution du nucléaire à la transition énergétique, financement des projets, innovation technologique et développement des nouvelles générations de réacteurs.
Près de 60 pays ont été invités à participer à ce rendez-vous, dont plus d’une trentaine ont déjà confirmé leur présence, aux côtés d’acteurs industriels et financiers de la filière nucléaire. L’objectif est d’installer ce sommet comme le principal forum international consacré au nucléaire civil, après une première édition organisée à Bruxelles en 2024.
Un écosystème à renforcer
Les enjeux économiques seront au cœur des discussions. Selon l’Élysée, les besoins d’investissement pour les projets nucléaires européens sont estimés à plus de 240 milliards d’euros. La mobilisation des banques multilatérales, des institutions financières et des investisseurs privés apparaît comme une condition clé pour relancer la construction de réacteurs dans plusieurs régions du monde.
Le financement n’est toutefois qu’un des défis identifiés par les acteurs du secteur. Les discussions doivent également porter sur la sécurité d’approvisionnement en combustible, la gestion des combustibles usés et des déchets radioactifs, le développement des compétences ainsi que le renforcement des chaînes industrielles nécessaires à la construction et à l’exploitation des centrales.
L’innovation technologique constitue un autre axe majeur. Les petits réacteurs modulaires, mais aussi les progrès dans le cycle du combustible ou les technologies de fusion, figurent parmi les pistes étudiées pour répondre à la croissance de la demande énergétique tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre.
Selon l’Élysée, le sommet s’inscrit dans une séquence politique plus large destinée à soutenir la relance du nucléaire dans la transition énergétique mondiale et à renforcer la souveraineté énergétique des États dans un contexte géopolitique incertain, désormais exacerbé par la guerre en Iran. En amont de la réunion, plusieurs événements scientifiques seront organisés afin de discuter des infrastructures de recherche nécessaires au développement de la filière.
Au-delà des échanges diplomatiques et industriels, l’ambition affichée est de faire émerger de nouvelles coopérations internationales pour les décennies à venir.

